ACTE II, SCÈNE
Oui, dans ma fierté farouche, J'ai lutté longtemps, éperdu...
Mais il veut sortir de ma bouche Le mot trop longtemps suspendu î
NELLA
Il va donc sortir de sa bouche Le mot si longtemps attendu !
0 triomphe ! en tout mon être
0 rayon qui pénètre !
Il m'aimait ! je le savais !
Il m'aimait, celui que j'aimais !
NELLA
Comme une fleur sous la rosée, Après les ombres de la nuit.
Soudain mon âme à son aveu s'épanouit.
^ ] AMBROS
0 suprême délice ! inefTable pensée!
Désormais c'est fini des tempêtes du sort : Le voyage s'achève, et l'amour est le port!
NELLA
Quand mon père rentrait des batailles navales. Avec le peuple entier j'allais le recevoir;
THÉA.TRE. — IV. 6
MAITRE AMimOS.
EtTescadre lançait des salves triomphales,
Et les drapeaux flottaient sur la pourpre du soir.
Eh bien, ces beaux retours dans la poudre et la flamme
Ces vaisseaux pavoises, mon père triomphant,
N*ont pas mis plus de joie en mon âme d'enfant
Que cet instant si doux qui me fait votre femme î
A M BROS.
C'est donc vrai !
NELLyV.
Cher Ambros, nous ne nous trompions pï Tous deux nous attendions ce même aveu suprême... Donc, redisons tout haut ce qui chantait tout bas : Je me donne à vous, je vous aime !
AMBROS
Je me donne à vous, je vous aime!
NELLA
Ce mot qui fait s'ouvrir les cieux, Je veux, je veux l'entendre encore !
S 1 A.MBROS.
Je vous aime, je vous adore î
Et tout mon ciel est dans vos yeux!