SCÈNE II NELLA, AMBROS
NELLA
G*est lui !... Toujours son front est chargé de tristesse.
AMBROS
Encore ici? L'on vous attend.
Hendrick est à la kermesse Le cœur palpitant.
NELLA
Toujours Hendrick ! Pour lui que vous montrez de zèle ! Vous voulez donc qu'il me plaise?
AMBROS
Jamais !
— Pourquoi vous a-t-il vue et vous trouve-t-il belle !... Hendrick!... Par instants je le hais!
NELLA
Vous êtes donc jaloux, Ambros?
80 MAITRE AMnnOS.
AMBROS
Quelle pensée!
NELLA
Vous Tavez presque dit...
AMBROS
Je n*ai pas dit cela !
Et, quand j'aurais rêvé cette chose insensée, L'ancien gabier ne peut être aimé de Nella.
NELLA
Qu'importe le passé! — C'est le présent qu'on aime. Nella garde un espoir vainement réprimé : Ambros est à ses yeux la bonté, l'honneur même; Personne plus que lui n'est digne d'être aimé ! Parlez! — Rien d'un ami ne peut être une offense. Que craignez-vous de moi, pour que vous vous taisiez Ce que vous me direz, mon cœur le sait d'avance ; Et pourtant, j'ai besoin que vous me le disiez!
AMBR0;S
Eh bien ! je n'ai plus de courage !
C'en est fait, l'amour est vainqueur, Et l'aveu, fort comme un orage.
Aux lèvres me monte du cœur !