‹ Œuvres complètes. Éd. illustrée (volume 4)Chapitre 26 sur 89 · REVERIE · texte numérisé non relu

REVERIE

d'après le tableau de GUSTAVE JACQUET

Au sortir du lit de dentelle, Les cheveux emmêlés encor, Ce matin, à quoi rêve-t-elle.

Dans le vieux fauteuil gaufré d'or ?

Sur sa poitrine, sa main fine Se pose d'un geste distrait.

Hélas î est-ce qu'elle y devine Le lent travail d'un mal secret ?

POÉSIE. — III. IQ

Car c'est un matin de novembre, Et sous le velours onduleux De la longue robe de chambre, Son frêle corps est tout frileux.

On dirait presque qu'elle tremble; Ce cher visage est amaigri, Et cette bouche exquise semble Avoir plus toussé que souri.

Serait-il si cruel, le rêve De l'enfant pensive aux yeux las ?

Songe-t-elle qu'elle est bien brève La claire saison des lilas?

Pauvre mignonne ! Songe-t-elle Que l'automne vient de finir.

Qu'il fait froid et que l'hirondelle Sera bien lente à revenir?

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