SUR LA TERRASSE
Je connais cette enfant; elle n'est que débile.
Depuis le bel été passé dans ce château,
Elle va mieux. C'est moi qui lui mets son manteau
— Lorsque le vent fraîchit — d'une main malhabile.
J'ai ma place auprès d'elle, à l'heure des repas, Je la gronde parfois d'être à mes soins rebelle, Et, tout en plaisantant, c'est moi qui lui rappelle Le cordial amer qu'elle ne prendrait pas.
Elle ne peut nous être aussi vite ravie !...
— Non, mais devant ce ciel calme et mystérieux. Avec ce doux reflet d'étoile dans les yeux,
Cette enfant m'a paru trop faible pour la vie ;
Et, sans avoir pitié, je n'ai pas pu prévoir Tout ce qui doit changer en ride ce sourire Et flétrir dans les pleurs ce regard, où se mire Le charme triste et pur de l'automne et du soir.