LIVRE QUATRIÈME
Qui sait si ce n'est pas une des raisons pour lesquelles nous n'avons pu échapper encore à l'esclavage?
Quand je vois sous mes yeux tant de calomnies poursuivre ceux qui ont défendu la France contre l'invasion, tant de fureurs aveugles, de récits empoisonnés des choses auxquelles j'ai assisté, je suis bien forcé de me demander si dans l'antiquité l'histoire n'a pas été dénaturée par des passions et des réactions de ce genre. A-t-on dit le dernier mot sur les Gracques et même sur Cléon ! Sa victoire de Sphactérie est-elle donc si ridicule? Que de vies devraient être examinées de nouveau à ce point de vue! Il en sortirait peut-être une histoire toute nouvelle. Ajoutons pourtant qu'un certain respect de la vérité n'a jamais disparu chez les historiens antiques. Ce respect faisait, à leurs yeux, partie de l'art d'écrire. Les plus médiocres ont conservé la pudeur, sinon par justice, au moins par bon goût.
l'esprit nouveau