CHAPITRE II
muncipale question de la critique litteraire de notre siècle. — les poemes homériques . — l'épopée de l'âge de bronze.
Je viens de relire Y Iliade et V Odyssée, en appuyant sur chaque mot, variantes, étymologies, critiques alexandrines, allemandes. Tout me confirme dans le jugement que j'ai exprimé sur les poèmes homériques, en 1836 (1), c'est-à-dire il y a trente-sept ans. Non, ces poèmes n'ont pas été faits de hasards, sans plan, sans conception, au gré d'une troupe de rhapsodes, dont aucun ne doit porter la responsabilité de l'œuvre.
Tout atteste un génie créateur, qui a donné le ton, inventé le moule, enfanté le prodige de Fart grec.
Non, ce n'est pas la foule anonyme qui Ta créé de rien. C'est une personnalité qui a vécu de la vie réelle. Ce n'est pas une abstraction. Laissons cette idée fausse aux amateurs de paradoxes.
(1) Voy. dans mes Œuvres complètes, t. IX, p. 269, Histoire
de la poésie, Homère.