‹ Œuvres complètesChapitre 133 sur 204 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

POURQUOI LES SYSTÈMES SUR HOMÈRE SE SONT DETRUIT S LES UNS LES AUTRES, — DE L'UNITÉ DE COMPOSITION EN MATIÈRE LITTERAIRE.

Ceux qui supposent une légion cTHomères pour Y Iliade et autant pour Y Odyssée , en parlent vraiment trop à leur aise. Où ont-ils jamais vu la nature si prodigue en hommes de génie ? Il les. faudrait tous égaux en puissance; sinon, après une rhapsodie sublime, en viendrait une médiocre, après une médiocre une pire. Ne savez-vous pas combien l'imitation est stérile? Que serait cette foule d'imitateurs qui se régleraient sur un premier modèle ? Comment échapperaient-ils à la loi infaillible qui veut que la copie soit inférieure à l'original ? Au lieu de grandir, le poërne irait continuellement en s'abaissant, à mesure que les disciples se substitueraient au maître. On verrait une succession indéfinie d'élévations et de chutes. Ainsi de copies en copies, toujours plus inégales, l'œuvre tomberait à chaque pas ; elle finirait par ramper. Est cela la marche de ces divins poèmes ?

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