‹ Œuvres complètesChapitre 138 sur 204 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

famille et du même père. Car il ne faut pas croire que ce don des larmes, ce désir du gémissement (1), appartiennent à tous les poètes grecs. Hésiode, Pindare, Sophocle ne connaissent rien de semblable. Cette abondance de pleurs est propre à Homère. Elle marque son tempérament particulier. Entre tous les génies de la Grèce, je le reconnais aux larmes qu'il sait tirer des yeux des hommes dans l'âge de bronze.

Si je ne devais garder qu'un livre, je choisirais Y Odyssée. Toute l'humanité est là. Jamais le ciel ne fut si près de la terre et les dieux plus conformes aux hommes. Poème trempé de larmes divines, composé au bord de la mer d'Ionie, c'est sur la plage qu'il faut le relire. Le bruit des vagues se mêle à la voix du poète. Ses hexamètres se déroulent comme les (lots couronnés d'écume. Voilà le vrai commentaire de Y Odyssée.

(i) t(Aspoç wpxo yôoio. Od. XVI, 215.

l'esprit nouveau

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