LIVRE SEPTIÈME
appartenait plus, est-ce étonnant ? Voir au seuil l'envahisseur maudit, vous ne pouvez plus concevoir celte douleur. Moi je la conçois trop bien, et surtout d'un peuple jaloux, ennemi de tous les autres. Privé de sa nation et, pour mieux dire, de sa race, la terre dut lui paraître une vallée de larmes. Il dut se faire une religion de mépriser tout ce qui est visible. Il aspira à quitter ce monde de tourments, préparation naturelle à l'ascétisme chrétien.
Mais vous, Allemands, en ètes-vous là? Avezvous perdu votre patrie, votre nationalité? La terre allemande s'est- elle dérobée sous les pieds des Allemands?
L'horreur de l'existence élait un sentiment né des choses, chez les bouddhistes de l'Inde, chez les Juifs précurseurs du Christ. Chez vous, un sentiment pareil ne peut être qu'un jeu d'esprit, la plainte philosophique du sybarite. C'est le pli de la feuille de rose qui vous fait jeter ce cri de désespoir métaphysique.
l'esprit nouveau