LA VIE M'A-T-ELLE TROMPÉ? — LA JEUNESSE. — LA VIEILLESSE
Vous n'admettez qu'un instant, un éclair dejoie clans l'existence humaine, c'est l'adolescence. Vous faites grâce à la fleur de la jeunesse, parce qu'elle ne dure qu'un moment. Le plaisir, dites-vous, peut s'y rencontrer par surprise. Mais ce moment passé , tous les âges de l'homme appartiennent irrévocablement au mal, au désespoir. Quant à la vieillesse, comment en prononcer le nom et tolérer des calamités qu'elle traîne à sa suite? C'est elle qui donne à la vie son vrai sens. Et ce sens est : désolation, dépouillement, malédiction. Voilà votre sentence.
Si la vie est un si grand mal, vous devriez , au contraire, célébrer comme l'âge du bonheur celui où elle commence à manquer, où le non-être s'approche et s'annonce par les signes avant-coureurs que vous savez si bien découvrir au dedans et au dehors. Vous seriez conséquent avec vous-