LIVRE SEPTIÈME
toute vie. Il interroge chaque fibre, et chaque fibre lui répond. Par là, on pourrait, de nos jours, se représenter l'état de conscience de tous les êtres vivants, et se faire une psychologie de tout le règne animal.
Certes, c'était une manie antiphilosophiquo d'admirer la nature dans son immensité et de prétendre n'avoir rien de commun avec elle. Manie de parvenu ; hautain parce qu'il est étroit. L'homme se glorifiait et se lamenlait d'être seul dans la société des mondes. Que de soupirs, de gémissements j'ai entendus sur cet isolement de l'homme jeté seul au milieu des créatures indignes de l'approcher !
J'ai vu l'esprit philosophique se transformer en peu d'années. Dans ma jeunesse, régnait le spiritualisme officiel. Quand je pense avec quel orgueil, quelle intolérance, et comme il avait peu d'influence sur la conduite de la vie, je ne puis regretter sa chute. Evidemment il n'était qu'un thème, une convenance, une attitude altière, pour les meilleurs un beau sujet de versification, une rêverie du soir. S'il s'est si vite évaporé, c'est qu'il n'était qu'une apparence, un parfum.
Où sont les libéraux spiritualistes ? Ces générations ont passé, sans se souvenir de leur doctrine. Le spiritualisme officiel, identifié avec le jésuitisme, il faut bien découvrir autre chose.
332 l'esprit nouveau
Viennent donc des pensées plus fortes, moins subtiles, puisées à La source de la vie universelle! Elles ne se disperseront pas en fumée. Elles auront pour témoin, non un docteur, mais la nature entière, dans ses trois règnes. Elles ne seront pas moins hautes, et partout elles auront des fondements dans le visible et l'invisible,