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LIVRE SEPTIÈME

ces voies oubliées ! Il parlerait une langue morte, il serait seul sur la terre.

Déjà, que de gens ont peine à concevoir le deuil dont s'enveloppaient les penseurs et les poètes, il y a un demi-siècle ! Nous avancions dans la vie enveloppés de lourdes brumes. Obscurité volontaire, dites-vous. Affeclation de génie incompris. Non, tout n'était pas volontaire dans ce deuil de l'intelligence. Nous cherchions la lumière, et la lumière nous était refusée , parce que , mal orientés, nous la cherchions où elle ne pouvait apparaître à l'esprit humain.

Plus d'un esprit a eu son jour de Phaëton, où il a voulu conduire le char du soleil. Et pourquoi s'étonner si tant d'ambitions furent d'abord trompées, si le chemin s'est dérobé sous les pas, si, précipités des hauts sommets et brisés dans la chute, on a entendu sortir de la bouche des hommes un gémissement et les novissima verba de toute une génération d'écrivains et de philosophes ?

Ils eurent beau changer de route ; on eut peine à croire à leur conversion ; car les hommes ne jugent jamais les hommes que par les premiers commencements.

Mais ceux qui ont survécu ne sont pas découragés. Us ont tenté d'autres routes, et la voilà enfin, la lumière tant désirée, qui commence à jaillir. Ce

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qui n'était qu'un désir pour Bacon devient une

réalité. Nous assistons à la grande Rénovation qu'il a appelée sans pouvoir la saisir. Il vaut la peine de vivre pour voir toutes les sciences anciennes et nouvelles apporter chacune son contingent, sa méthode, son esprit à la science suprême, à la philosophie de la vie universelle.

Un homme qui s'est consumé d'attente dans une profonde nuit, se réjouit au premier rayon du jour. De même il est impossible que l'humanité ne se réjouisse pas en voyant la clarté qui se répand sur toutes choses. Grande faveur pour l'homme de naître dans une de ces époques de rénovation de la pensée humaine. Il acquiert des inslruments et comme des organes qui n'appartenaient pas à ses pères. Qu'il sache user de ces organes nouveaux ; ils étendent son existence aux derniers confins de l'univers. La nuit était profonde, le jour se fait, saluons la lumière.

La même loi reconnue dans les orbites des astres se retrouve dans les formations géologiques, dans la succession des règnes,, dans la formation des sociétés, dans le secret de la conscience humaine, dans ses diverses créations, langues, arts, poèmes ; de telle sorte que la même vérité est inscrite partout et que, de quelque point que Ton parte, on la rencontre en chaque chose, à chaque degré de l'être, comme dans ces palais arabes où

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