LIVRE SEPTIÈME
byzantin de la fraude? C'est là que le vieil homme l'emporte sur le nouveau.
L'atavisme de l'homme de proie se montre encore tout entier clans les ruses, les perfidies et même l'expression du visage de ceux qui se sont appelés tour à tour, suivant les époques, Pharisiens, seuls hommes de bien, seuls honnèles gens. Mais il arrivera de cette science comme des autres. Elle se laissera pénétrer de la clarté de toutes.
Le moment viendra où les habiles ne mettront plus leur arl à tromper. Ils mentiront moins, parce que tout le monde verra le mensonge. Ils désespéreront de faire la nuit, parce que la lumière se sera faite dans les esprits. Eux aussi accepteront le combat à la face du jour.
Mais la mort vous reste, nous dit-on, et vous ne la vaincrez pas.
Il est vrai. Beaucoup de gens même travaillent d'avance à nous la rendre plus cruelle. Ils veulent y ajouter encore, en empêchant nos amis de nous faire cortège à ce moment suprême. Point d'amis pour ceux qui ont osé penser et mourir comme ils ont vécu. A ceux-là le silence, l'abandon ou le champ des suppliciés.
Quoi ! si légers et si cruels !
Barbarie vaine. Il dépend de tout homme de se préparer, pour 1 heure suprême, un magnifique cortège, qu'aucune puissance humaine n'em-
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péchera de passer et de resplendir dans la nuit.
Travaillons à nous faire notre cortège à nousmême.
Je convie autour de moi, quand viendra ce moment, les pensées les plus hautes et les meilleures où j'aie pu m'élever, les vérités que j'ai rencontrées et servies, les idées immortelles qui m'ont apparu depuis ma jeunesse jusqu'à mon dernier jour. Qu'elles viennent et me protègent contre l'outrage au delà de la mort.
Aux belles époques de l'humanité, la peur de la mort a tenu peu de place dans les pensées des hommes. Faire de ce point noir la préoccupation perpétuelle et le but de l'existence est une marque de déclin.
Quand les hommes ont été remplis de grandes pensées fécondes qui portaient en elles l'avenir, ils ne craignaient ni la vie, ni la mort. Ils ont eu peur de la mort, 'à mesure qu'ils ont moins bien employé leur vie.
La fortune de l'espèce humaine a passé plusieurs fois dans les mains de ceux qui ont su la terroriser à propos, en évoquant les spectres d'outre-tombe.
On a justement remarqué que (es armées les plus dévotes et les plus occupées de la mort, celles du moyen âge, étaient timides devant l'ennemi, féroces chez elles contre les gens sans défense.
Les Hindous se réjouissent d'avoir des enfants