CHAPITRE VII
RAPPORTS DE L'AMOUR ET DU GÉNIE CREATEUR. — EN QUOI CONSISTENT LE PROGRÈS ET LA DÉCADENCE DES ARTS.
Si l'amour du beau est ce qui maintient les
espèces animales, comment s'étonner que ce sentiment soit inné dans l'espèce humaine ? Ne demandez plus d'où il vient, comment il s'est formé. Il sort des sources mêmes de l'être. Il est né, non pas d'une réflexion, mais des conditions mêmes de la vie. Il est au fond de l'existence humaine.
L'oiseau cherche le beau dans le plumage, dans le chant. Comment l'homme n'aurait-il pas à son tour cherché le beau dans la vie et dans l'art? Si le rossignol chante pour charmer sa femelle, comment l'homme n'aurait-il pas la faculté d'inventer des chants, des poésies, pour charmer son espèce? L'amour du beau n'est pas une fantaisie, c'est une des lois de toute la nature vivante.
L'oiseau déploie artistement son plumage, ses pierreries vivantes, topazes, saphirs, émeraudes,