LIVRE TROISIÈME
elle l'essence de son existence. Dans ce vide prodigieux, tous les spectres le hantent. Sans pensée, sans lendemain, il n'est pas bien sûr d'avoir encore la tète sur ses épaules.
Vous qui passez, rassurez-le.
Chez les hommes de décadence, on voit une chose que l'imagination ne devinerait jamais : c'est la transformation de l'homme de bien. Dès le premier pas qu'il fait dans le mal, il s'applaudit. A mesure qu'il s'y enfonce, il s'admire davantage. Sa valeur à ses yeux est décuplée. Il peut donc, lui aussi, fausser sa parole, ramper, trahir avec grâce ?
Que de talents cela suppose, et comme il se promet de les mettre en œuvre ! A sa première bassesse déclarée, il s'écrie en lui-même : Ancli'io son pittore !
l'esprit NOUVEAU
l'esprit nouveau