‹ Œuvres complètesChapitre 77 sur 204 · LA PLUTOCUATIE OU LE GOUVERNEMENT DE EMARGENT · texte numérisé non relu

LA PLUTOCUATIE OU LE GOUVERNEMENT DE EMARGENT

Monlesquieu n'a pas rencontré de son temps ce système de gouvernement; voilà pourquoi il n'en parle pas. Profitons de ce que d'autres temps nous ont montré pour le décrire.

Ce gouvernement est toujours inquiet ; il ne compte jamais sur un lendemain et la peur le rend cruel. Il ne se rassure qu'en serrant toujours le frein.

Comment n'aurait-il pas peur ? Il a le tempérament de l'avare et tremble jour et nuit pour son trésor. Partout il voit des voleurs qui le lui enlèvent. 11 crie incessamment que les voleurs sont là, qu'ils en veulent à sa propriété, à sa religion, à sa famille. Il veut arrêter tout le monde, il s'arrête lui-même.

Il ne s'appuie ni sur la naissance, ni sur l'opinion, ni sur le peuple, mais sur l'argent ; et, comme de sa nature l'argent est instable, il sent partout le terrain qui lui manque. Son règne n'est qu'un désespoir sordide.

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