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bitraires , et pour peu qu'ils le soient , il en naîtra des désordres. On sentit donc la nécessité d'établir la société sur des conditions expresses , confirmées par uh consentement solennel , et ces conditions sont ce qu'on nomme lois positives. Lou emi«i. L^^ j^jg uaturclles suffisent aux sauvages. A la rigueur, elles peuvent suffire encore aux peuples pasteiu^s ; mais il faut aux peuples cultivateurs des lois positives , d'autaht plus claires et d'autant plus précises , que les besoins , qui se multiplient, multiplient aussi les intérêts contraires. S'ils continuaient dans tous les temps à se conduire uniquement d'après des usages, ils tomberaient continuellement dans des contradictions ; ils seraient .exposés à des abus de toute espèce , et les coutumes , qu'ils prendraient pour des lois , autoriseraient les injustices les plus criantes. Vous en verrez plus d'un exemple en étudiant l'histoire.
On nomme lois cinles les lois positives quie se font les peuples cultivateurs; comme on nomme sociétés civiles , les sociétés que forment ces peuples. Or, si vous considérez ces sociétés dans leurs progrès, vous comprendrez que les lob civiles doivent s'y multiplier à mesure que de nouveaux arts font naître de nouveaux besoins.
Il y a plusieurs arts qui sont d'une absolue nécessité aux peuples cultivateurs. Il faut qu'ils inventent les instrumens propres au labourage , qu'ils apprennent à travailler les métaux, qu'ils dé-
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termiDent les saisons, et qu'ils bâtissent des villes.
Ces arts précèdent les progrès de Tagriculture, comme la cause précède son effet ; et à Tagricul* ture perfectionnée succèdent d'autres arts, comme les effets succèdent à leur cause. Le commerce qui commence , apporte de nouveaux genres de richesses : d'un jour à l'autre , il devient plus florissant , et d'un jour à l'autre , les nouveaux genres de richesses se multiplient. On ne sait plus se borner aux choses absolument nécessaires : on se fait des besoins superflus : les arts de luxe se multiplient; et les anciennes lois ne peuvent plus suffire : il en faut de nouvelles , parce que de nouveaux intérêts divisent les citoyens.
Il n'est pas nécessaire que j'entre à ce sujet dans de grands détails. Il me suffit de vous don* ncr pour le moment des notions que je opois préliminaires à l'étude de l'histoire. En observant les peuples , vous verrez naître les lois ; vous verrez les gouvememens se former, et vous achèverez de vous instruire.
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