Oeuvres complètes
est rare qu'un homme qui a voué sa carrière tudeet aux lettres, qui s'est fait une réputapar ses ouvrages , n'ait acheté par de cruelles ilations les jouissances nées du travail et de la •e. Rousseau nous répète souvent qu'il a lu le malheur dès qu'il a pris la plume ; Moniiieu frémissait à l'idée que son fils put der homme de lettres. Mais , pour être nom- ,x, ces exemples ne sont pas sans exceptions ; t des écrivains dont la vie fut calme et sans es , et qui ont pu dire avec La Fontaine :
jeaucoup de plaisirs je mêle un peu de gloire.
!lle fut, pendant un siècle, l'existence de Lenelle ; telle fut celle presque aussi longue de ,eur A'Aiiténor.
ienne-François de Lantier naquit à Marseille ■■ octobre 1734 , la même année que Dorât. — stérité de la maison paternelle heurtait les Is d'un jeune homme qui ne rêvait que gloire taire; aussi, à peine eut-il quitté les jésuites lesquels il avait fait ses études, que son père it obtenir une sous-lieutenance dans le régit d'Angoumois, alors à Marseille. De Lantier ourut successivement la Corse, la France et lagne, dont il a si bien décrit les mœurs sinères. Passionné pour la lecture, il dévorait, it-il, tous les livres avec une avidité et une flexion dont il s'est toujours repenti, j ne parlerai pas de ses premières années, qui , ime celles de tous les jeunes gens de son siècle, :nt consacrées aux rendez-vous d'amour, aux
duels, aux courses nocturnes, si bruyantes parfois, que le guet, voulant rétablir l'ordre, était rossé d'importance par la bande joyeuse dont E.-F. de Lantier faisait partie. Prodigue d'argent, il payait ses créanciers comme don Juan payait M. Dimanche , et plus d'une fois , voulant le punir de ses étourderies, son père le fit enfermer pour huit jours dans les cachots de Notre-Dame-dela-Garde. Mais arrivons ;\ sa carrière littéraire. « La vie des gens de lettres , a dit Voltaire , n'est guère que dans leurs ouvrages. »
C'est à Marseille que de Lantier composa la comédie de l'Impatient, sujet maladroitement traité par un de ses amis, et dont il fit d'abord trois actes. Ce début éveilla son ambition ; mais persuadé, comme l'homme aux quarante écus, qu'on ne peut faire de bons livres en province, il résolut d'aller à Paris. Son père consentit avec peine à ce voyage, pour lequel cependant il sacrifia cinquante louis.
De Lantier débuta dans la capitale par une pièce de vers, insérée depuis dans ses œuvres, et adressée à madame du Barry, qui n'aimait point le duc de Choiseul , parce qu'il refusait de plier le genou devant elle. Ces vers firent du bruit; oa les attribua à Jacques Delille, à Voltaire môme; les voici :
Déesse des plaisirs, tendre mère des Grâces, Pourquoi veux-tu mêler au* fêtes de Paphos Les noirs soupçons, les fâcheuses disgrâce», Et pourquoi méditer la perte d'un héros ?
Ulysse est cher à la patrie,
Il est l'appui d'Agamemnon ; Sa politique active et son vaste génie