‹ Œuvres complètesChapitre 222 sur 416 · V01,T\1RE · texte numérisé non relu

V01,T\1RE

CHANT TROISIÈME

(12) 11 est armé d'un glaive élincelaiit ,

On le prendrait pour le dieu de la guerre.

Saint Jacques élait le patron de l'Espagne, comme Minerve la patronne d'Athènes, l>iaiie de I>emnos, .lunon d'Argos , Jupiler Olympien de Rome. Le roi Léon, la veille d'une bataille contre les Maures , vil en songe saint Jacques , qui lui pronietlait la victoire ; depuis, les troupes espagnoles marchèrent sous la bannière de ce sanil , et leur cri de guerre fut le nom de Saint Jacques! Saint .laeques fut dccapilé â Jérusalem , par les ordres d'Hérode Agrippa , l'an 42 de notre ère. Ses disciples l'enlevèrent et le mirent sur un vaisseau qui aborda en (;aliee, d'oii il fut transporté à Composlelle, au milieu d'un bois. Son corps fut découvert en 800 , el c'est autour de cette grotte qu'on a bàli la ville , ort depuis les pèlerins accourent en foule.

(13) Tels on a vu les deux frères d'Hélène , etc.

Les Romains avaient ces déités en grande vénération , et ne juraient que par leur leiiipic. Ils parurent à la tète de l'armée romaine dans la balaille qui .se livra pies du lac Régilius , et porlèrent ù Rome la nouvelle de cette victoire de l'aul-Émile, le jour même qu'elle fut remportée.

(14) Lui proposa les dons les plus llalteurs , Son amitié, des grades, des honneurs.

Ainsi Horace refusa d'élrc secrétaire de l'empereur Auguste, qui ne lui eu sut pas mauvais gré.

(15) Dansée séjour, Kudel avec surprise, Vit les trésors reufermés dans l'église.

Il y avait dans ce couvent 7G religieniï de l'ordre de Saint- Rriioîl , "28 IVères lais et '25 eufans de chœur, un médecin et un chiiurgicn; 80 lampes d'argent et quantité de candélabres: un amas tVex-voln , de jambes, de cuisses, de bras et d'autres membres. On a conservé dans ce monastère l'épée de Loyola , qui s'était déclaré chevalier de Marie : pour se préparer au combat , il Ht la veille des armes , el sortit pour aller combattre le Maure qui niait sa virginité. Celui-ci refusa le combat , et Loyola vint déposer son épée aux pieds de la Vierge.

CHANT QUATRIEME

(lOj 0 grand Newton , qui pesas les planètes

Fontenelle et Huygens n'oni pas douté que les planètes ne

fussent habilt^es. HLiyt^ens prtMend que si leurs habilans ne uons ressemblent pas, ilsont pourlaiU des mains, des pieds, des oreilles; ((ii'ils mangent et boivent eomnie nous, et qu'ils font même de la musique. La lerrca près devinfïl-six millions de lieues carrt^es, dont il y en a huit au pUis d'hjbitables ; le reste est habile par des élres différens de nous , plongés dans une autre atmosphère qui est partagée en deuv parliez: dans ees atmosphères si différentes de la noire vivent les poissons, ^•ires sans intelligence. La lune n'a point , dit-on, d'atmosphère, ou du moins elle est d'une telle rareté, que les sons ne peuvent s'y propager. Ses habitans n'ont donc ni oreilles, ni yeux, ni poumons. On dit que les montagnes de cette planète sont moitié phis hautes que ctllcs de la terre ; celles de Vénus sont encore plus ékvées. Ses habilans et ccuv de Mercure , qui sont si près du .soleil, doivent être d'une nature différente de la nôtre, et des espèces de salamandres que Ton prétend être incombustibks. .lupUer, avec ses quatre lunes, et qui n'a que cinq heures de nuil et de jour, est si éloigné du soleU. que ses habitans doivent être de la nature de la baleine qui vit dans la mer (ilaeialc.

(17j Et l'oranger dont le front se couronne En même temps et de fruits et de fleui's.

L'oranger est un arbre de la Chine , apporté en Europe par les Portugais : on voyait encore ù Lisbonne, dans le siècle dernier, le premier arbre qu'on y avait planté ; c'est ce que dit Valniont de Bomare. Mais les (irecs l'avaient déjà connu. On ne doit pas s'étonner que les Maures d'Espagne l'eussent transporé chez eux ou de la (irèce ou de l'Arabie.

Louis \IV aimait beaucoup cet arbre.

i'18) Ainsi pensait un prélat estimé,

Dont le nom seul inspire la tendresse.

Ces vers rappellent l'amour désintéressé de madame Guyon, et les tendres erreurs de l'aimable et sensible Fénelon.

CHANT CINQUIEME

; 10 Tous deux rivaux , ils gouvernent le monde, Voilii eoniinent en vices il abonde.

Manès était né en Perse ; il adopta les deux principes qui gouvernent le monde et y ont introduit les maov qui le désolent. Les ligypliens avaient leur Typhon et leurOsyris; les PiM'scs, Ariniane et Oroniaze. IManès disait que les deux principes étaient souverains et iudépeiidaiis l'un de l'autre ; prétendait que nous avons deux âmes, l'une portée .m mal , l'autre portée au bien; que les prophètes étaient damnés; ilseditsait le Saint-Esprit, s'attribuait le don des miracles. Un roi de Perse le fit écorcher vif.

NOTES DE GEOFFROI RUDEL

La sccle de Manès til de Rrands proRris après sa mort, et dans le dixième siècle, ses disciples se ripaiidncnl en Italie ; la sévérité de leur morale fît partout des enthousiastes. Douze chanoines d'Orléans, qui avaient une grande réputation de piété , embrassèrent sa cioyanec , et périrent dans les Hanmics avec de grands transports de juie. Les manichéens élendnent leurs progrés en Languedoc . en Provence , en Allemagne , en Angleterre. On assembla plusieurs conciles contre eus , el on en (il périr un grand nombre dans les flammes. Saint Augus. tin avait été manichéen.

(20) Innocent-Trois , pape dont la fierté I.ançail partout la foudre et les oraoes, Avait frappé celte ville et son roi D'uu interdit.

Depuis Philippe I" jusqu'à Louis VIH, les rois de France furent excommuniés; Robert, quoique dévot el pieux , quoiqu'il composât des hymnes et chantât au lutrin, el donnât beaucoup aux pauvres, le fut aussi. On prétend que lorsqu'il sortait , il se faisait accompagner par douze pauvres montés sur des .-ines. C'est à lui (|ue l'on doit la cérémonie de nos rois de laver les pieiis à douze pauvres le .jeudi sami.

Un homme exconnnnnié tombait dans le marasme insensiblement; les animaux excommuniés dépérissaient aussi. Des chroniques racoDieul qu'un corbeau ayant volé un diamam à un abbé de Corbie , el celui-ci ayant fulminé une exconununication contre le voleur, le corbeau se relira dans son nid , devint triste, et tomba dans la consomption ; on fouilla dans le nid, el l'on trouva la bague. Saint Bernard, et saint Loup, éïéque de Troyes, excommunièrent les mouches qui infeslaient les boucheries. Au commencement du seizième siècle, 1rs rats désolèrent les campagnes; aussitôt ils furent cités à l'officialilé, el, n'ayant pas comparu, ils furent atteints, convaincus , excommuniés et bannis du territoire dans les vingt -quatre heures.

(21) On va bri'ller pour Dieu , pour la pairie, Un vieux berger qui se croyait sorcier.

On a brûlé dans ces temps-là bien des malheureux imbéciles qui se croyaient réellement sorciers; de bonnes vieilles fcmincs qui s'iiuagiiiaient être allées au sabbat. Ce sont l'Église el les parlemcns qui ordonnaient cesatfreux supplices De tout temps on a cru aux sorciers ; les Grecs et les Romains y croyaient aussi; saint Augustin et saintjérùme disent en avoir vu; Simon le Magicien fit à Rome des actes de sorcellerie, atlestés par nombre d'écrivains , sans compter les sorciers de Pharaon qui luttaient contre Moïse. Ont-ils existé?....

(22) La faim, la maladie ,

Mille soucis , la vieillesse et la mort.

Que l'homme est bien durant sa vie Un p.irfait miroir de douleurs!

Dès sa naissance il pleure, il crie, Et semble prévoir ses malheurs.

Paul, Philippe élaient mariés. L'église grecque a conservé , par le mariage, la discipline de la primitive Église.

Il meurt enfin peu regretlé....

C'était bien la peine de naître !

J.-B. Rousseau.

(23) Je le sais bien , un concile sévère Défend l'hyinen aux enfaiisde Kévi.

Le célibat des prétn scatholiquesn'a été fixé irrévocablement qu'au second concile de l.atran , en 1139; on cite en vain divers conciles antérieui s qui ont agilé celte question , et prohibé le mariage des prêtres; ces conciles n'éiaienl pas cecuméniques, et même n'annulaient pas le mariage avani la prèlrise. Dans la primilive Église, les prêtresses, les diaconesses et les sousdiaconesses étaient les épouses des prêtres; les apôtres Pierre ,

CHANT SIXIEME

(24) Et dans son peuple et les arts qu'il aimait, René trouva son bonheur et sa gloire.

René , roi de Naples , comte d'Anjou et de Provence, était né à Angers en 1408. Ce prina' fut nianmé le Bon, el le tendre souvenir qu'il a laissé dans la Provence justifie ce titre. Il était brave, mais peu heureux ou peu savant à la guerre; il perdit laLorrainc,letrônedeNapleset d'Ai-ragon; il s'en consola par la culture des arts ( il était peintre et poêle ) , par une vie tranquille et occupée; il aimait les fêtes, les tournois; son génie singulier et pcut-éirc bizarre lui fil inventer la procession de la Fête-Dieu, si célèbre en Provence. C'est ea 1495 que celte procession se Ht à Aix pour la première fois. C'est un mélange du sacré el du profane , des mystères religieux et des scènes du paganisme. On voyait paraîlre Moise el Aaron qui adorent le veau d'or ; la reine de Saba danse devant Salomon ; Hérode ordonne le massacre des Innocens; les trois mages suivent l'étoile mystérieuse ; les apiMres el les évangélisles paraissent dans le cortège, où se fait n marquer la taille giganlesqne de saint t'brislophe; les principales divinilés delà mythologie, Neptune el Amphytritc , Mars et Minerve , Saturne et Bacehus, Apollon et Diane, les Parques , 1rs Faunes, les Satyres, les SylvainsetlesCenlaures; une légion de grands el petits diables, des groupes de lépreux ; des bâtonniers, des danseurs, des chevaliers du guet , le duc cl la duchesse d'Urbin, ridiculement habillés el moulés sur des ânes; tout cet immense cortège marche en dansant au son d'une musique dont René luimême avait composé les airs et déterminé les insirumens.

René était né avec un caractère facile et doux ; il n'aimait point le faste ; ses ameirblemens el ses habits éta enl ceux d'un particulier; ses maisons de campagne de Marseille et d'Aix étaient ce qu'on nomme aujourd'hui des bastides. Il avait une philosophie si insouciante , qu'on lui apporta des lettres de Naples, où on lui demandait du secours, il i-épondit :«.lc ne puis y aller, je suis occupé de choses .saintes....» Celait delà procession dont il parl.iit. Il assistait régulièrement aux offices, en qualité de chanoine de la méliopole. Il eut des faiblesses, et piiivail dire comme bien des grands liomines ; Homo sum , iiiliil Itumani a me alienum putn. Il eut nombre de maltresses. Il inslitua à Tarascon la fête dite de Tarasqiie. Elle avait lieu le lendemain de la Pentecôte. La Tarasqite é\Mt «f urée à la tête de la procession , en fureur d renversant de son énorme queue tous ceux qui l'environnaient.

René mourut âgé de suixanle-douze ans, regretté de toute la Province. Il avait régné quarante-six ans : il était grand, bien fait. On vient de lui élever une statue à Aix. La devise de ce prince était une chaufferette remplie de charbons allumés , avec ces mots ; « Porté d'ardent désir. ■

(25) Alors enchantement.

Démons, sorciers, sorts et méiamorphoses Élaieui communs ; mais aujourd'hui vraiment Ils ne sont plus que daiisquelques cervelles ; L'an d'enchanter ii'appartienl plus qu'aux belles.

Après Circé , Médée, et l'enchanteur Merlin , la plus grande cnchanlere.sse est la fameuse fée Mélusine; elle avait édifié d'une seule parole le chàleau de la maison de Lusignan. Elle su montrait sur les tours niuilié femme, inoiliéscr|ienl ; elle venait se baigner dans la foiiiaine , le samedi pendant les vêpres ; elle annonçait par des cris, des chansons, la paix et la guerre, la mort el ia naissance dis seigneurs de Lusignan; rempereur Charles-Quint el la reine Catherine de Médicis vinrent s'informer sur les lieux des merveilles de celle fée. Henri III fit Ai-

NOTES DE GEOFFROF RLDEL.

Iruirc co cliàlcau. Branlùiiio noi;s .issnrc qu'on \ il Irfs clairomcul celle (éa clans les ail s, el que plLisieurs officiers de l'armée l'cniciidirent se pl.iindie el gOiiiir eomiiie une f.iiivclle qui a perdu ses pelils. C'est bien donniiase que les fées alenl disparu ; elles bâiissaiciil des palais niagiques , enchaînaient les tyrans, assislaieul à la naissance des princes, et le récit de leurs merveilles était l'eatrelien des veillées des châteaux el ramuscment de nos pères.

Un des chefs de l'accusalion de la Pucelle d'Orléans était qu'elle parlait aux fées, auprès des fontaines.

CHANT SEPTIÈME

(26) Ce Grec qui meurt avec tant de refirels, Orné de.s dons de l'esprit el de râiiie , Comptait pourtant neuf fois douze printemps.

Théophraste, auteur des Caractères , vécut cent sept ans, et à sa mort se plaignit de la brièveté de la vie , accusant la nature d'avoir donné une plus grande longévité aux corneilles et aux cerfs : c'est une erreur, un préjugé poimlaire. Il est vrai qu'Hésiode prétend que ces animaux viveni trois fois plus que l'homme. Pline et quelques aulres anciens naturalistes sont du même avis ; mais Buffon et d'anlits philosophes modernes ont réfulé cette erreur. La vie des animaux est proportionnée au temps de la gestation et à la durée de l'accroissement. La brebis , la chèvre portent cinq mois , et vivent dix .ins ; le cheval , qui est dix mois dans le sein de sa mère, el qui crnit pendant cinq ou six ans , vit trente on qiiaranle ans; l'éléphant pousse sa carrière jusqu'à un siècle , sa mère le porte une année , et il croit pendant trente ans. L'existence île l'homme est bornée de soixante-dix à quatre-vingts ans. Onaeilé des hommes qui ont vécu cent cinquante ans. Le savant llaller a recherché la longévité des vieillards du dix huitième siècle dans loute l'Europe : il en a trouvé plus de mille de cent A cent dix ans; soixante de cent dix à cent vingt; vint-neuf de cent vingt i cent trente; quinze décent trente à cent quarante; six de cent quarante à cent soixante.

(27) Où Théocrite, en vers harmonieux, Chanta les prés , les bois , les doux ombrages.

La Sicile, jadis la Trinacrie, est l'Ile des enchanlemens; c'est là qu'étaient les sirènes, Circé, fharybdc, Seyila , le géant Polyphènie, Monslruin /lorrendiim , in/'orme, ùiffens. L'Ile s'élève en amphilhéûlre , et présente à la vue des campagnes, des jardins, des coteaux eharmans ornés de la plus brillante verdure; mais ce beau pays rappelle les Vêpres siciliennes.

(28) Michel signa cet aveu téméraire :

Les papas grecs signèrent avec lui.

Voici les opinions qui divisent l'Église grecque et l'Église latine : les Grecs rejelleul le purgaloire et le pain azimc pour la communion, et communient sous les deux espèces. Ce qui fait smlout la grande difHcullé , c'esl que les (irees ne vculeni pas que le Saint-Espril procède du Père et du Fils , mais seulement du Père, et l'Église latine v( ul qu'il procède et du Père et du Fils. Ce schisme date depuis Photuis, dans le neuvième siècle.

("29; Par où , dit-on, entrait le Saint-Esprit, Pour lui dicter ce trop sublime écrit.

L'Église a admis V.-lpocalypse parmi les livres canoniques; ce livre a été commenté par Bossuct et Newton dans leur vieillesse.

CHAtîlT HUITIÈME.

'•30' Fit élever Byzance sur un songe, Soit vérité, soit peut-être mensonge.

Plusieurs écrivains ont donné un détail intéressant de la vision que Constantin eut pendant son sommeil, dans l'enceiute de Byzance. Le génie lulélairc de la ville, sous la figure d'une vieille matrone affaissée par le poids de l'âge el des infirmités, fut tout A coup l'hanté en une jeune fille fraîche et brillante, que l'empereur revêtit lui-même des orneniens de la dignité impériale. Le monarque s'éveilla, inlerpréta le songe mystérieux , et obéit sans hésiler à la volonté du ciel.

(31) Edmont parlait encor lorsque Rudel S'écrie, et dit : . Voilà Sainle-Sophie ! .

Sainte-Sophie, qui signifie sagesse de Dieu, fut brûlée dans une révolle, sous le règne de .luslinien, qui la fil lêédifier à cette occasion telle qu'on la voit aujourd'hui , sous la direction d'Anthémais cl d'Isidore, deux fameux architectes; Elle do:nine toute la ville: .sa coupole est d'une hauteur et d'une largeur prodigieuses: elle a été construite sur quatre arceaux soulenus par des colonnes de marbre.

Lesarchilecles italiens ont pris modèle sur le dûme de Sainte Sophie pour ceux qu'ils ont fait ( onstruire , eonime les Turcs l'ont imité dans les de'imes de leurs mosquées. Tout autour régnent, dans le haut, de va.stes galeries soutenues par deux rangs de colonnes du plus beau marbre, ou brille le vert antique. Le pavé, les balustrades sont aussi de marbre.

32) Heureusement eue de sombres nuages A nos regards dérobent l'av""'"

enir.

Ce fut en 14.'J3 que Mahomet H entra à cheval dans Sainte- Sophie; il monta sur l'autel, fit sa prière et dédia ce temple à son prophète. Le sanclu lire fut renversé, le Coran placé dans \e itialiarah : la tiibune du sultan rempLiça celle de l'empereur, el le siège du muphti succéda A celui du patriarche,

(.33) Deux cenis dauphins entourent le bateau.

On rapporte qu'ù Chalcis un jeune berger, qui imrtait ce nom, jouait de la lyre avec une lelle perfeelion, qu'un dauphin, attiré par l'harmonie de ses sons, ne manquait jamais d'approcher du rivage, et d'élever sa lête au-dessus des eaux pour l'entendre. Charandal , ennemi de Chalcis , ou jaloux de son talent , tendit des euibOches au dauphin , et le tua. Chalcis lui érigea une magnilique .sépulture,.! laquelle il donna le nom de son poisson chéri, el celui du meurtrier, chalcis est sur le bord du Bosphore.

(34) Ces énormes poissons

Sont de la mer les antiques Triions.

Bien des gens ont cru à l'existence des tritons. Pline le nalu raliste assure que l'on a vu à Lisbonne, sous le règne de Claude, un jeune triton qui sonnait delà Iroinpetie marine: nombre d'auteurs affirment aussi que l'on a vu des tritons et des sirènes en Asie et en Afrique. Le savant Pausanias dit en avoir vu un de ses propres yeux. Un Normand , J.-B. Fulgosc, rapporte que, sous le pontificat d'Eugène, on vit un triton sortir de la mer et enlever un enfant : il était semblable aux autres hommes, excepté qu'il avait deux cornes au front , deux petites ailes aux épaules, et des nageoires aux pieds. Le jésuite llenriquez dit avoir vu, en .Amérique, neuf jolies trilonnes , prises d'un coup de filet.

(35) Et le vaisseau sur les flots aplanis. En peu de jours vint à Ptolémais.

NOTES DE GEOFFROI Rl'DEL.

Pto'éuidïs , prisp et reprise souvent par les croist^s et les Sarrasins , qui clianiîerenl ce nom en celui de Sainl-Jeun d'Acre. Bonaparte l'assiégea en 1799; mais la résistance fut si ïive , qu'il fut obligé de se retirer.

(36j Dessous l'Etna, sous ce mont redoutable Est un énorme et farouche géant.

Encclade était , selon la fable, un des plus redoutables ^èMt qui firent la guerre à Jupiter, dont la foudre les précipila dans l'Etna. C'est , disent les poêles , l'haleine embrasée d'Enceladc qui exhale les feux de ce volcan ; c'est lorsqu il essaie de se retourner qu'il fait trembler la Sicile, et qu'une épaisse fumée obscurcit l'air d'alentour. C'est dans l'Etna qu'Eiiipédocle , dont Lucrèce a dit : / (x liumana videtur stirpe creatus , eut la folie de se précipiter, s'il faut en croire Lucien.

FLV DES NOTES DE GEOFFROI RIIDEL.

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