SOPHIE, SAI.NT-FIRMIN
SAIJiT-riBMI>.
Je vous clierche parloiil ; et mon âme enchaînée Un moment loin de vous ne saiiiail exister.
SOPHIE
Saint-Firmin, quel malheur! ma mère me l'ordonne; Oubliez-moi ! cessez , oui , cessez de m'aimer.
SA1>T-FIKMI\.
Qui, moi? mademoiselle! Cn tel ordre nrétonne. Vivre .sans vous aimer! l'osez-vous présumer ? Sophie.
Vous conuai.ssez ma mère et son empire.
SAl.'>iT-HRMI>.
Mou cœur est plein de vous; c'est par vous qu'il respire; Et sans TOUS, au bonheur rien ne peut l'attacher.
SOPHIE
Eh bien ! aimez-moi donc; je ne puis l'empêcher : Mais cessons de nous voir, é\itezma présence.
S,\I1\T-F1RMI5I.
Je ne vous verrais plus ! moi qu'un seul jour d'absence , Qu'un seul moment a mis au désespoir !
Que voulez- vous. ^
SAIXT-FIRM1>.
^"ous aimer et vous voir.
SOPHIE
Eh bien, soit ; mais j'exige un éternel silence ;
Promettez-moi , des ce moment, De ne me plus parler d'un amour qui m'offense.
SAIST-FIRMIN.
0 ciel ! quel arrèl foudroyant !
Qui, moi, voiler mon canir, taire la violence D'un feu qui nuit et jour m'eiilrjîrje hors de moi! Quand même je voudrais flécliii- sous celle loi, Lepourrais-je,î;randsdlcu\!.Suis-jem nmaiireencore? iNon , tout me irahirail , mon silence, ma voix. Ma conli ainle, mes yeu\ ; loul vous dirait cent fois :
" Belle Sophie . oui c'est vous que j'adore ; «Demandez-moi mon sang, je suis prêt d'obéir; • Mais ne demandez pas un effort impossible. »
SOPHIF.
Eh bien , pariez-en donc : vous êtes inflexible ; Mais du moins quelques jours sachez vous conlenir. J'entends du bruit , fuyez. .Si par malheur ma mère Vous trouvait avec moi
SAI\T-FIRÎI1X.
Je m'en vais. Quels adieux !
Mais n'oubliez jamais romliieu vous in'éies chère. Et que , si je vous perds, le jour m'est odieux.
SCÈiNE IIL
SOPIIIK, SCIlIr.
C'est Dolcy: voil."i donc l'époux qu'on me destine! ^on , mon cher .Sai.it-Firmin . vainement on .s'obstine. Je ne trahirai point les vcpux et mon bonheur. Peut-être si Ilolcy connai.ssail notre flamme..., Il est honnête.