SCÈNE IV
SOPHIE. noLcY.
DOLcv , r'i part.
Interro.'veons .son âme; Voyons si mon hymen llaiie son jeime ceur.
(haut.) Eh quoi ! c'est vous , adorable Sophie ! Vous de qui la jeunesse à peine épanouie , Des plus rares beautés éclipse les appas.
SOPHIE
Monsieur, je ne mérite pas
DOLCY.
De l'univers entier vous mariiez l'hommage, Et l'encens le plus pur doil bn'iler à vos pieds.
SOPHIE
Je me vois confondue, et vous m'appréciez...
DOLCY.
Vous n'avez qu'un défaut , élonnant .i votre âge, Qui nuil à la beamé , la flétrit en sa fleur,
Voile l'esprit d'un funeste nuage.
Et répand sur la vie une soiubre couleur.
SOPHIE
Vous m'effrayez. Quel est il , je vous prie?
DOI.CY
L indifférence.
SOPHIE
A mon âge , l'amour....
DOLCY.
Est un besoin de l'âme. Eh quoi ! belle Sophie ,
Verrez-vous naiire en ce beau jour Ces ro.sesdoiit l'éclat don embellir la vie,
Sans les cueillir à votre tour ?
De quel œil voyez-vous les nœuds de l'hyménée?
SOPHIE
Comme une chaîne fortunée.
Quand le penchant nous réunit.
DOLCY.
C'est penser sagement ; avec autant d'esprit , Votre cœur, quoique jeune, a pressenti d'avance L'objet qui lui con» ient.
SOPHIE
.Sur le choix d'un époux , Si mes parens avaient la complaisance De. . . .
DOLCY.
De vous consulter? Eh bien! queferiez-vous?
SOPHIE
Peut-être je pourrais....
DOICY.
Choisir: qui?
Je l'ignore.
Celui qui m'aimerait.
DOLCV.
Mais chacun vous adore :
Écartez tout mystère; au .Hin de l'amilié Ver.'ez les secrets de voire âme.
' -/ part., Elle rougit, .son cœur .s'enflamme; Du bruit de mon hymen il u est point effravé. ( i/fiilt. ] Rassurez-vous; votre sort m'intéresse Très vivement , et je puis ^ nus .servir. SOPHIE, c) part.
Mais en effet il a de la déliralcsse, Des senlimen.s d'honneur; je pourrai le fléchir.
DOLCY.
Eh quoi ! vous gardez le silence?
Vous craignez... .
LE FLATTEUR
SOPiUE.
Non, ce ?,èle afferlueux Doit exciter ma confiance.
Celui pour qui mon cœur pourrait former des vœux , Est doux, sage.
Doixï, à pari. Fort bien.
SOPHIE
Plein d'esprit, de franchise.
DOLCY.
; yl pari. ) { Haut. )
Si c'était moi ! Voyons. Un tel portrait Le rend intéressant. Mais son nom?
SOPHIE
Son nom, c'est....
DOLCY.
Qui?
SOPHIE
Saint-Firmin.
DOLCY.
OcicI!
SOPHIE
D'oi'i vient votre surprise?
DOI.CV
De voir que dans un âfje, où l'erreur est permise.
Vous ayez ,su si bien cljoisir.
Mais je vois pour vos feux un écueil redoutable : Votre mère jamais n'y voudra consentir.
Elle ne l'aime pas.
SOPHIE
Peut-ellelehaïr? Lui , qui toujours honnête....
DOLCY.
Elle en est bien capable.
Je veux vous obliger.
SOPHIE
Sensible k vos bienfaits,...
DOLCY.
Vous connaissez l'huir.eur de voire mère : Il ne faut pas de front comballre ses pjojets. Je vais y réfléchir; heuieux si je pouvais , En me sacrifiant , mériter de vous plaire.
^0?\\\V.,à part.
Je le craignais à tort ; son cœur est généreux. Qu'on est injuste , quand on aime !
Elle sort.)