‹ Œuvres complètesChapitre 308 sur 416 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les mêues , DUBOIS.

MELCOECR.

Quel est cet homme-lj , Dubois ?

DUBOIS

Monsieur Germain?

Diable! c'est un saiant, qui parle le latin Comme moi l'allemand , qui .sait la mappemonde, La grammaire, le grec, comme tourne le monde.

SAIMT-FIRMIS.

Tu mens.

DUBOIS

Monsieur, ce reproche affligeant... i

GERMAIN, à part. \

Prévenons ce Dubois, de crainte d'accident. [Haut à Richard.)

Pardon , monsieur; j'ai tort; je le confesse. Je ne suis , il e^t vrai , qu'un simple commerçant.

RICHARD

Un simple....

GERMAIN

Oui, monsieur.

Quoi ! l'on a la hardiesse!...

GERMAIN

N'accusez que Dolcy : je blâmais son projet , Et de tous ses détours je suis dupe moi-même. Dolcy venait chez moi; ma maison l'enchantait : Il cares,sait mon fils, lui corrigeait son thème,

Et l'appelait son petit Adonis ; Ma femme était Hélène , el moi le beau Paris. C'est ainsi, que, flattant jusque* à ma servante, 11 a su m'arracher une somme importante , Qu'il voulait acquitter au moyen d'un emploi.

MELCOECR , à part.

Je l'avais bien jugé !

GERMAIN

J'ai .sa lettre sur moi, Qui peut justifier....

MELCOEUB.

Diiuuez : voyons sa prose.

m lit.)

■ Mon cher et respectalile ami, >enez, ma lettre reçue;

• nous tenons le bon homme.

[S' interrompant j à Richard.) C'est vous-.Tiénie , je cioi.

GERMAIN , (1 Richard.

Oui , monsieur.

MELCOEUB, continuant de lire.

• ^'ous serez présenté cotnme un sa\ aut. ^'ous avez trop ' d'cspi il pour ne pas bien jouer ce rôle : c'est un moyen

• assuré d'obtenir votre emploi. Je lui prépare en votre «nom une épitre dédicatoirc, qui produira un effet mer- «veilleux. Vous ne manquerez pas surtout d'admirer, de

• louer ses vers , quoique détestables.»

BICUABD.

L'insolcni !

MEICOKI'R , (t part.

J'eu savais quelque chose.

LE FLATTEUR

«Je vous recommande aussi dans voire cours d'éloges ■ les grâces et la fraiclieur de la elicre madame Melcœur ; «c'est une pelile folle de ciu(|uaiilc-cin(| à soixante ans, • qui peut nous être très utile. ■

MADAME MELCOEDR.

Ah! l'impudent! il me jouait aussi !

lUELCOElIR.

Pourquoi pas comme un autre?

( Lisant. ) « Adieu le plus aimable des hommes. »

( Jvcc ironie. ) {A Richard. ) Et le plus respectable.

Vraimeut il vous traite en ami !

RICHARD

Ah ! quel monstre !

( à Germain. ) Sortez , monsieur.

11IADA.1IE MELCOEUIt.

Le misérable !

GERMAIIV.

Je perds tout à la fois, par ces ruses du diable, Ma délie et mon lalin. Mais j'aurai mon argent; Je le fais arrêter : quand je liendrai mon liojnme,

Il aura beau flatter vraimeni , M'appeler son Paris; je veux que l'on m'as.sorame S'il sort sans me payer.

Di'BOis, à Germain qui sort.

Adieu , le beau Paris.

Mes respects à la belle Hélène.

( Dubois sort (lu côlc opposé. ]

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