‹ Œuvres complètesChapitre 319 sur 416 · DA3I0IK · texte numérisé non relu

DA3I0IK

Depuis cent ans.

BORCBAIIF.

Cette femme frivole , Qui veut parler, c'est là sa passion , Cite tous les auteurs dont elle sait le nom,

Et jamais n'écoutant personne, Bavarde le malin , et le soir déraisonne.

DAMOTT.

Laissons les portraits.

BORCBAUP.

Soit. Au décès du baron , La comtesse hérita de la teri e d'Alienne ; Elle est, pour mon malheur, conligue à la mienne. Dès ce moment fatal survinrent les procès. Et tout ce que l'enfer put inventer jamais

Pour agiter le repos de la lerrre.

Mais avec ce baron , objet de mes regrets , Uni par les doux noeuds d'une amitié sincère...-

DAMON

Fort bien.

BORCHAMP.

Vous souvient-il encor de lui ?

DABION.

Ma foi....

BORCHAMP.

C'était....

DAMON

Ud petit homme.

BOBCHAMP.

11 était, au contraire, Plus grand que vous , au moins....

DAUON.

De trois pieds, je le crois.

BORCHAMP.

Je le trouvais diffus ; certes , c'était dommage : Mais quand sa tète sécliauffait,

Il commençait cent contes, s'égarait,

Et se perdait dans un long verbiage.

De .ses récits il m'excédait .souvent; Mais je le supportais en ami complaisant.

DAMON

Quoi , vous le supportiez ? Ah ! monsieur, quel courage !

BORCHAMP.

Peut-être vous auriez été moins indulgent ?

DAMON

Mais revenons, je vous conjure, A ce procès qui vous amène ici.

BORCHAMP.

11 m'a causé , je vous l'assure , Jusqu'à pi'ésent bien du souci.

DAMOJi.

Et moi , monsieur, j'en ai ma part aussi.

BORCHAMP.

Vous éles trop honnête. Or écoutez.

DAMON

J'écoule.

BORCHAMP.

Certain papier que l'esprit infernal, Pour mes péchés , a déterré sans doute. De la di.scorde a donné le signal.

J'ai voulu transiger : en homme raisonnable,

Je lui fis proposer, encore l'autre jour. Par son cousin ,1e marquis de Frémour, Homme d'esprit , d un caractère affable , Mais entre nous trop pétulant, Trop vif, et vous donnant au diable,

Lorsqu'il est obligé d'écouter uu moment.

DAMON

11 veut qu'on aille au fait ; j'aime assez sa méthode.

BORCHAMP.

Sans doute. Cependant , de peur d'être incommode , Il faut savoir....

DAMON

Mais brisons là-dessus.

BORCHAMP.

Je lui fis proposer....

DAMON

En homme raisonnable ?

BORCHAMP.

De terminer à l'amiable.

Le croiriez-vous ? mes soins furent perdus. Elle me refusa.

DAMON

Celte femme est daranable !

Tout serait arrangé ; quelle félicité ! INous n'en parlerions plus.

BORCHAMP.

Vous connaissez les femmes

Oui , vraiment.

BORCHAMP.

Leur humeur et leur mobilité ?

DAMON

Il est trop vrai , ce sont des âmes...- Mais discutons avec tranquillité, Sans perdre notre temps à médire des femmes.

BORCHAMP.

J'en étais donc à ce papier fatal....

DAMUN.

Oui , déterré par l'esprit infernal.

BORCHAMP.

Or donc, .son procureur, homme plein d'artifice....

Qu'avez-vous ? [Danion se lève.)

DAMON

Rien. Continuez toujours.

[ Il se rassied , et dit à part.) Personne, hélas! ne vient à mon secours!

EORCOAUP.

Loup dévorant, dont l'avarice S'engraisse de procès, et qui .sous un air doux Cache un franc scélérat qu'il faudra que j'assomme.

UAMON.

Fort bien. Mais pourquoi voulez-vous Qu'un procureur soit honnête homme ?

BORCnAMP.

Pourquoi ;'

DAMON

Quant au procès?

L'IMPATIENT

Mon procès el mes droits....

DAMOIV.

Sont embrouillés ?

BOSr.llAMP.

Non , non , ma cause est claire:

11 s'agit entre nous du partage d'un bois.

DAMOrV.

Eh ! faites-le couper pour terminer l'affaire. BonciiAïup.

Parbleu ! je m'en ({aiderais bien.

Me croyez-vous donc en démence ?

D.»,HIOI«.

Pour vous servir j'imagine un moyen.

BORCHAMP.

Est-ce quelque autre extravagance?

DAMON

Je vous présenterai chez mon oncle aujourd'hui ;

Vous le venez , lui parlerez vous-même ; Et j'aurai le bonheur d'obliger un ami. Un véritable ami que j'honore, que j'aime.

BOBCHAMP.

Fort bien , monsieur ; j'adopte ce plan-là. Je vais chercher là-liaut des papiers d'importance : Vous voulez bien m'attoudre ;' dahon.

Oh ! tant qu'il vous plaira.

BOBCHAMP.

Je viens dans le moment.

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