DA3I0IK
Depuis cent ans.
BORCBAIIF.
Cette femme frivole , Qui veut parler, c'est là sa passion , Cite tous les auteurs dont elle sait le nom,
Et jamais n'écoutant personne, Bavarde le malin , et le soir déraisonne.
DAMOTT.
Laissons les portraits.
BORCBAUP.
Soit. Au décès du baron , La comtesse hérita de la teri e d'Alienne ; Elle est, pour mon malheur, conligue à la mienne. Dès ce moment fatal survinrent les procès. Et tout ce que l'enfer put inventer jamais
Pour agiter le repos de la lerrre.
Mais avec ce baron , objet de mes regrets , Uni par les doux noeuds d'une amitié sincère...-
DAMON
Fort bien.
BORCHAMP.
Vous souvient-il encor de lui ?
DABION.
Ma foi....
BORCHAMP.
C'était....
DAMON
Ud petit homme.
BOBCHAMP.
11 était, au contraire, Plus grand que vous , au moins....
DAUON.
De trois pieds, je le crois.
BORCHAMP.
Je le trouvais diffus ; certes , c'était dommage : Mais quand sa tète sécliauffait,
Il commençait cent contes, s'égarait,
Et se perdait dans un long verbiage.
De .ses récits il m'excédait .souvent; Mais je le supportais en ami complaisant.
DAMON
Quoi , vous le supportiez ? Ah ! monsieur, quel courage !
BORCHAMP.
Peut-être vous auriez été moins indulgent ?
DAMON
Mais revenons, je vous conjure, A ce procès qui vous amène ici.
BORCHAMP.
11 m'a causé , je vous l'assure , Jusqu'à pi'ésent bien du souci.
DAMOJi.
Et moi , monsieur, j'en ai ma part aussi.
BORCHAMP.
Vous éles trop honnête. Or écoutez.
DAMON
J'écoule.
BORCHAMP.
Certain papier que l'esprit infernal, Pour mes péchés , a déterré sans doute. De la di.scorde a donné le signal.
J'ai voulu transiger : en homme raisonnable,
Je lui fis proposer, encore l'autre jour. Par son cousin ,1e marquis de Frémour, Homme d'esprit , d un caractère affable , Mais entre nous trop pétulant, Trop vif, et vous donnant au diable,
Lorsqu'il est obligé d'écouter uu moment.
DAMON
11 veut qu'on aille au fait ; j'aime assez sa méthode.
BORCHAMP.
Sans doute. Cependant , de peur d'être incommode , Il faut savoir....
DAMON
Mais brisons là-dessus.
BORCHAMP.
Je lui fis proposer....
DAMON
En homme raisonnable ?
BORCHAMP.
De terminer à l'amiable.
Le croiriez-vous ? mes soins furent perdus. Elle me refusa.
DAMON
Celte femme est daranable !
Tout serait arrangé ; quelle félicité ! INous n'en parlerions plus.
BORCHAMP.
Vous connaissez les femmes
Oui , vraiment.
BORCHAMP.
Leur humeur et leur mobilité ?
DAMON
Il est trop vrai , ce sont des âmes...- Mais discutons avec tranquillité, Sans perdre notre temps à médire des femmes.
BORCHAMP.
J'en étais donc à ce papier fatal....
DAMUN.
Oui , déterré par l'esprit infernal.
BORCHAMP.
Or donc, .son procureur, homme plein d'artifice....
Qu'avez-vous ? [Danion se lève.)
DAMON
Rien. Continuez toujours.
[ Il se rassied , et dit à part.) Personne, hélas! ne vient à mon secours!
EORCOAUP.
Loup dévorant, dont l'avarice S'engraisse de procès, et qui .sous un air doux Cache un franc scélérat qu'il faudra que j'assomme.
UAMON.
Fort bien. Mais pourquoi voulez-vous Qu'un procureur soit honnête homme ?
BORCnAMP.
Pourquoi ;'
DAMON
Quant au procès?
L'IMPATIENT
Mon procès el mes droits....
DAMOIV.
Sont embrouillés ?
BOSr.llAMP.
Non , non , ma cause est claire:
11 s'agit entre nous du partage d'un bois.
DAMOrV.
Eh ! faites-le couper pour terminer l'affaire. BonciiAïup.
Parbleu ! je m'en ({aiderais bien.
Me croyez-vous donc en démence ?
D.»,HIOI«.
Pour vous servir j'imagine un moyen.
BORCHAMP.
Est-ce quelque autre extravagance?
DAMON
Je vous présenterai chez mon oncle aujourd'hui ;
Vous le venez , lui parlerez vous-même ; Et j'aurai le bonheur d'obliger un ami. Un véritable ami que j'honore, que j'aime.
BOBCHAMP.
Fort bien , monsieur ; j'adopte ce plan-là. Je vais chercher là-liaut des papiers d'importance : Vous voulez bien m'attoudre ;' dahon.
Oh ! tant qu'il vous plaira.
BOBCHAMP.
Je viens dans le moment.