SCÈNE XXX
DAUJON, JULIE, LAFLEUR, DORLIS, iieiulre.
DAMON
Bonjour, monsieur Dorlis.
AUoiis , asseyons-uous , et peignez à votre aise. DORLIS , préparant ses pinceaux.
Je suis à vous. Approchez; plus avant. .. Eh ! non; vous reculez.
DXMO!s,troquiinl son fauteuil contre une chaise.
Apportez une chaise; Je suis très mal assis.
DORLIS.
Inclinez... doucement.
Fort hieu ; gardez celte atlilude.
PAUOM , à JiULc.
Il me tourne à son gré.
JVUE.
L'épreuve est un peu rude.
DORLIS, peignant.
Il faut que je m'attache , et c'est là le grand art , A bien saikir chaque nuance.
L'expression , la ressemblance, Et le jeu de vos traits.
DAMON, tirant sa montre.
Il esl déjù bien tard.
BOBLIS.
Quoi ! vous you5 déplacez !
»AMOM.
C'est que.... Souffrez, madame.,.
Lorsque vous serez là , je \errai mieux monsieur.
( // t'ail mettre Julie à cote du peintre.) JULIE, regardant le portrait.
La bouche sera bien.
DAMON
S'il li,sait dans mon cœur, Il me peindrait avec des trails de Hamme. Et le front?
JUllE.
H s'avance.
DORL'S.
Oui , j'achève à présent.
DAMON , se levant.
Ah ! vous avez fini. Bon ! vous êles charmant.
JULIE
Y songez-vous?
DORiis , à part.
Cet homme est différent des autres.
( /faut.) Nous commençons à peine.
DAiuoiv , assis.
Où donc en êtes-vous ?
DORLIS.
J'en suis aux yeux. Prenez un regard doux.
DAMON , à Julie.
Si je lisais mon bonheur dans les vftires , Les miens respireraient le feu du sentiment.
JULIE
Malgré votre contrainte '
DORLIS.
Oui, songez J madame; Mais attachez les yeux sur moi.
Quoi! constamment?
DORLIS , travaillant.
Le teint s'anime, l'œil s'enflamme Auprès de la beauté.
OAHON.
Quand comptez- vous finir?
JULIE
Ce moment est fâcheux.
DAMOiV.
Près d'un objet aimable, Tout s'embellit des couleurs du plai.sir. LAFLEUR , d part.
il doit donner le peiiiiie au diable.
DAMON
Que peignez- vous?
DORLIS.
Je peins vos yeux.
,(e crois que vous serez au mieux.
DAMON
Hàlez-vous seulement ; il u'e^t pas nécessaire De me faire si beau.
JULIE
Mais vous voulez , j'espère Un porlrait qui ressemble?
DAMON
On me fail trop d'hoonewr.
J'aimerais mieux , pour mou bonheur, Que la main de l'Amour m'eût gravé dans votre âme.
Cela serait plus court.
DAMON, bas â Julie , en se levant-
Permettpz-moi , madame....
( // te place derrière le peintre.) Je veux voir ce qu'il fait.
JULIE
Un moment.
DORLIS, après l'avoir cherché des yeux.
Eh ! monsieur.
Je ne pourrai jamais vous peindre.
[Apart.) {Haut.)
Quel homme ! Mon pinceau , ma verve s'échauffait.
L'IMPATIEM.
DAMO^r, rcfcnanl à sa place.
M'y voilà; calmez-vous.
JCLIE.
Vous êtes , en effet , Si calme !
LAFLEtjR, à part.
Il y parait.
JULIE
Sachez donc vous contraindre.
DAMOKI.
Que peignez-vous?
DORLIS.
Les yeux.
DAMO?(.
Encor les yeux ! Eh ! mais»
fbmbien m'en faites-vous?
DOKLIS.
Un ou deux , à peu près.
DAHON, se levant.
Vous les ferez sans moi.
JCI.1E.
Y .sonp,ez-vout ?
DAMOi-V.
De grâce.
JULIE
Monsieur jamais ue finira.
DAMI!.-*.
Mais, madame, un moment . mettez -vous S ma place.
JILIE.
Quoi! pour avoir voire porirait? Voilà Qui me parait nouveau Quelle bizarrerie!