‹ Œuvres complètesChapitre 335 sur 416 · DAMON, JULIE, BORCHA.MP · texte numérisé non relu

DAMON, JULIE, BORCHA.MP

■ BORCHAMP.

Que me veux-tu '.' f}ucst-ce ?

D.iMON.

C'est moi , monsietir.

Ra.ssuré par votre induljjence....

BORCHAMP.

Excusez-moi ; je suis vot; e humble serviteur.

DAMO'V

Ah! daignez m'écouler! Mes torts involontaires....

BORCHAMP.

Je ne saurais , monsieur, chacun a ses affaires.

DAMO>.

Vous êtes irrité : j'entrevois mon malheur.

JILIE.

Mais sachez ce qu'il veut.

DAMON

Votre bonté se lasse.

Mais n'impulez rien à mon cœur.

Votre inlérét m'anime: écoulez-moi de grâce. Le président , mon oncle , â qui j'avais écrit , Me repoiid qu'il a vu monsieur de Lauvamaine; Qu'on peut tout espérer, qu'il n'est rien qu'il n'obtienne Duii vieux ami qui le chérit.

Mais jusqu'au bout je n'ai pas lu la lettre Daignez vou.s-méme la finir.

BORCHAllP ///.

• Mon cher neveu, lorsque j'ai reçu votre billet , j'avais

• précisément M. de Lauvamaine à diner chez moi Soyez ' tranquille sur les suites de vos démarches dans tout ce «qui dépendra de lui. H n'a rien , m'a-t-il dit, à refuser

• à notre ancienne amitié.

DAMON

Vous concevez , par-là , ce qu'on peut se promettre Du zèle de mon oncle.

BORCHAMP.

11 nous .sert à ravir.

JULIE

Vous voyez que du moins il sait rendre service.

BORCHAMP.

Oui, je le vois , et je lui rends justice. ( /l lit.)

• Mais, selon votre coutume , vous écrivez avec tant de «précipitation que vous oubliez la moiiié des mots; el vos

• phrases s-ont si imb ouillées, que ce n'est pas sans effort

• qu'on devine votre pensée.

( J part. ) Je le reconnais bien. 1

( Il lit ) "

«Je vous reni'oie voire lettre, prenez la peine delà

• relire.

( A part.) Ceci sera nouveau.

DAHOK.

Oui , lisez ; vous verrez si je .sais être utile. BORCHAMP coiilinite de lire.

• Mon cher oncle, il faut, en ma faveur, crever tous

■ vos chevaux , et me rendre un .scriice très important

■ pour le plus maudit des ... La comlesse.

DAMON , Usant iluiis ta lettre.

Des procès.

BORCHAMP.

Ah! j'entends, et rien n'est plus facile.

• La comlesse d'Érolle plaide , depuis un siècle , contre

■ M. de Horchamp , porc... dont je suiséperdilment amou-

■ reux, qui réunit l'esprit à la beauté.

Je n'imaginais pas élre encore si beau.

L'IMPATIENT

DAMOn.

Mais, monsieur, père de Julie, Qui réunit l'esprit aux attraits les plus doux.

BORCHAIIP.

Fort bien.

[Il m.)

«C'e.st un élre processif, et .sa cause est injuste. L'e.s- «seutiel est ti'obli;;er Lauvaniaine à rapporter cette af aire «dès demain; il s'a;jit d'un malheureux bois de fauillle « que M. de Boichauip porte. .. à un prix considérable. «Je suis, etc.»

«Voilà, mon cher neveu, voire billet, c'est une vérila- «ble éni(;Tne. Heureusen enl. j'ai [|ueif|ue safjaciléetfiuel- « que exppiit nce, el j'ai compris que \ ous vous intére.ssez • viveu.eni à la comle.sse d'Frolle; je ne vous connaissais «pas celle belle pas.";!!)!! ; mais comme vous m'assurez «d'ailleurs que la cause de M. de Borehamp est injuste, «que c'est un éire processif , j'ai fortement prévenu Lan- «vamaine contre lui, et il m'a promis d'appuyer votre «belle coinlesse de loul son crédit •

Vraiment, il n'appartient qu'à vous!

Votre amitié plaide avec énergie; tt mainienaui j'ai 1 esprit en lepos.

(A Julie.) Eh bien ! que penses-lu de ce rare service?

DAMOiv , à part.

Quelque démon , sans douie, a supprimé les mots.

JULIE

De ses écarts son cœur n'est point complice ; Il voulait obliger.

EORCHAïup , à Danton.

Je le crois; en effet....

DAMON

Vous voyez ma surpri.se : échauffé par mon zèle, Avec vivacité j'ai tracé ce billet.

BOKCHAMP.

Des vrais amis vouséles '.e modèle.

DAMON

Je cours tout réparer.

BOKCHAMP.

Non , c'est trop de bonté.

A l'égard de l'hymen entre nous projeté, 11 ne se fera point , Julie....

DAMON

Il ne se fera point?

BOIlCnAMP.

Won.

DAMON

(Juelle cruauté !

BOKCHAMP.

J'en suis fâché; mais malgré mon envie....

DAUON.

{J Julie.) Vous que j'aimais.. Monsieur.. Julie !..Ah' quel malheur! Monsieur, j'ai lort, si j'ai pu vous déplaire.

BOKCHAMP.

Je le sais.

DtHON.

Mais enfin , ouvrez-moi votre cœur :

Je vous chéris , je vous révère, Et vous êtes si bon.

BOKCHAMP.

Bon; oh! comme cela, Suivant l'heure el le li mps.

DAMON

Toujours. Ah ! vous voilà?

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