DAMON, JULIE, BORCHA.MP
■ BORCHAMP.
Que me veux-tu '.' f}ucst-ce ?
D.iMON.
C'est moi , monsietir.
Ra.ssuré par votre induljjence....
BORCHAMP.
Excusez-moi ; je suis vot; e humble serviteur.
DAMO'V
Ah! daignez m'écouler! Mes torts involontaires....
BORCHAMP.
Je ne saurais , monsieur, chacun a ses affaires.
DAMO>.
Vous êtes irrité : j'entrevois mon malheur.
JILIE.
Mais sachez ce qu'il veut.
DAMON
Votre bonté se lasse.
Mais n'impulez rien à mon cœur.
Votre inlérét m'anime: écoulez-moi de grâce. Le président , mon oncle , â qui j'avais écrit , Me repoiid qu'il a vu monsieur de Lauvamaine; Qu'on peut tout espérer, qu'il n'est rien qu'il n'obtienne Duii vieux ami qui le chérit.
Mais jusqu'au bout je n'ai pas lu la lettre Daignez vou.s-méme la finir.
BORCHAllP ///.
• Mon cher neveu, lorsque j'ai reçu votre billet , j'avais
• précisément M. de Lauvamaine à diner chez moi Soyez ' tranquille sur les suites de vos démarches dans tout ce «qui dépendra de lui. H n'a rien , m'a-t-il dit, à refuser
• à notre ancienne amitié.
DAMON
Vous concevez , par-là , ce qu'on peut se promettre Du zèle de mon oncle.
BORCHAMP.
11 nous .sert à ravir.
JULIE
Vous voyez que du moins il sait rendre service.
BORCHAMP.
Oui, je le vois , et je lui rends justice. ( /l lit.)
• Mais, selon votre coutume , vous écrivez avec tant de «précipitation que vous oubliez la moiiié des mots; el vos
• phrases s-ont si imb ouillées, que ce n'est pas sans effort
• qu'on devine votre pensée.
( J part. ) Je le reconnais bien. 1
( Il lit ) "
«Je vous reni'oie voire lettre, prenez la peine delà
• relire.
( A part.) Ceci sera nouveau.
DAHOK.
Oui , lisez ; vous verrez si je .sais être utile. BORCHAMP coiilinite de lire.
• Mon cher oncle, il faut, en ma faveur, crever tous
■ vos chevaux , et me rendre un .scriice très important
■ pour le plus maudit des ... La comlesse.
DAMON , Usant iluiis ta lettre.
Des procès.
BORCHAMP.
Ah! j'entends, et rien n'est plus facile.
• La comlesse d'Érolle plaide , depuis un siècle , contre
■ M. de Horchamp , porc... dont je suiséperdilment amou-
■ reux, qui réunit l'esprit à la beauté.
Je n'imaginais pas élre encore si beau.
L'IMPATIENT
DAMOn.
Mais, monsieur, père de Julie, Qui réunit l'esprit aux attraits les plus doux.
BORCHAIIP.
Fort bien.
[Il m.)
«C'e.st un élre processif, et .sa cause est injuste. L'e.s- «seutiel est ti'obli;;er Lauvaniaine à rapporter cette af aire «dès demain; il s'a;jit d'un malheureux bois de fauillle « que M. de Boichauip porte. .. à un prix considérable. «Je suis, etc.»
«Voilà, mon cher neveu, voire billet, c'est une vérila- «ble éni(;Tne. Heureusen enl. j'ai [|ueif|ue safjaciléetfiuel- « que exppiit nce, el j'ai compris que \ ous vous intére.ssez • viveu.eni à la comle.sse d'Frolle; je ne vous connaissais «pas celle belle pas.";!!)!! ; mais comme vous m'assurez «d'ailleurs que la cause de M. de Borehamp est injuste, «que c'est un éire processif , j'ai fortement prévenu Lan- «vamaine contre lui, et il m'a promis d'appuyer votre «belle coinlesse de loul son crédit •
Vraiment, il n'appartient qu'à vous!
Votre amitié plaide avec énergie; tt mainienaui j'ai 1 esprit en lepos.
(A Julie.) Eh bien ! que penses-lu de ce rare service?
DAMOiv , à part.
Quelque démon , sans douie, a supprimé les mots.
JULIE
De ses écarts son cœur n'est point complice ; Il voulait obliger.
EORCHAïup , à Danton.
Je le crois; en effet....
DAMON
Vous voyez ma surpri.se : échauffé par mon zèle, Avec vivacité j'ai tracé ce billet.
BOKCHAMP.
Des vrais amis vouséles '.e modèle.
DAMON
Je cours tout réparer.
BOKCHAMP.
Non , c'est trop de bonté.
A l'égard de l'hymen entre nous projeté, 11 ne se fera point , Julie....
DAMON
Il ne se fera point?
BOIlCnAMP.
Won.
DAMON
(Juelle cruauté !
BOKCHAMP.
J'en suis fâché; mais malgré mon envie....
DAUON.
{J Julie.) Vous que j'aimais.. Monsieur.. Julie !..Ah' quel malheur! Monsieur, j'ai lort, si j'ai pu vous déplaire.
BOKCHAMP.
Je le sais.
DtHON.
Mais enfin , ouvrez-moi votre cœur :
Je vous chéris , je vous révère, Et vous êtes si bon.
BOKCHAMP.
Bon; oh! comme cela, Suivant l'heure el le li mps.
DAMON
Toujours. Ah ! vous voilà?