SCÈNE XXXV ET DERNIÈRE
lES MÊMES, I.E ^0TA1RE.
lE .NOTAIRE.
Je vous apporte une heureuse nouvelle.
La comie.sse , en ce jour, a changé de projets , Vous cède lou* les bois, et renonce au procès. Voilà l'écrit signé.
BOKCHAMP.
Comment? Donnez. C'est elle !
C'est son seing ! quel pi'odige !
LE NOTAIRE
Au prix qu'elle a voulu
Elle vient de vendre sa terre ; Et l'acquénur, plus d boniiaire.
Renonce à tout droit prétendu.
BOKCHAMP.
Cet homme-là , ne lui dépla'se.
Est pressé de jouir: les procès lui font peur: Et vous nommez cet hoiinéle acquéreur, DAMON , ban au iwtaiie.
Ne me trahissez pas.
LE NOTAIRE
Souffrez que je me taise.
BORCHAMP.
Pourquoi? Quel intérêt ?...
DAMON
Eh ! qu'importe pourquoi ?
Daignez vous occuper du bonheur de ma vie.
BOKCHAMP.
Monsieur, un moment , je vous prie :
( Au notaire.) Je veux savoir son nom.
Eh bien! monsieur,... c'est nioi.
La terre me convient , et j'ai conclu l'ai faire.
JULIE
Vous l'entendez ; c'esl lui , mon père.
BOKCHAMP.
Oui, ma fille, je vous entend.
LE NOTAIRE
Vous le voyez; si la léleest bouillante.
Au mc.iins le cœur est excellent ; Et vous devez , au gré de noire attente. Récompenser les soins d'un si fidèle amant
DAMON
Non, monsieur, appuyé d im si faible service, Je ne réclame poini un prix aussi flatteur: Non, consoliez avec plus de justice Et vos bonlés et son bonheur.
BOKCHAMP.
Son bonheur!... Tourment? d'un pareil caraclère, Osez-vous vous flatter de rendre un élre heureux ?
DAMON
Oui, monsieur, animé du désir de lui plaire, J'irai , je volerai au-devant de ses vœux.
JULIE
Je réponds de son ccEur. du zèle qui le presse : Sensible à l'amilié, ple'n de respeci pour vous, Il fera, croyez-moi, son bonheur le plus doux
Pc mériler voire tendresse, De consoler vos jours , d'aider voire vieillesse.
L'IMPATIENT
BORCHAMP, ây«/(C.
Tnleveu»?
DAMON, vivement.
Opi , monsieur.
BORCiiAïup , à Julie.
Épouse, j'y consens.
DAMON
Ab! Julie! ah ! monsieur, les plus vifs seulimens....
( Ju notaire.) Signons-nous le contrat ? On souffre dans l'attente.