U1L4DY
Oui, oui, l'auteur.
DUBOIS
Je n'ai pas cet honneur.
SIILAST.
(.^ madame Blainville.) Comment ? regardez bien. Il rougit, s'embarrasse. ( Haut.) Ah ! trailre ! à l'inslant réponds-moi : Ce billet fut écrit par loi.
DUBOIS
Par moi ! quelle idée !
UILADY.
Oui , toi-même , Ose donc le nier?
DUBOIS
Dans ma surprise extrême Je ne puis concevoir un semblable soupçon.
MiLADY, bas à madame Blaintille.
En valu il s'en défend. Je le crois très coupable.
DUBOIS , à part.
Quel est donc son projet ? Perdrait-il la raison ? mn-ADV , bas.
{Bas à Dubois.) J'imagine un moyen ; oui très sûr. Dis que noii.
( ffaiit.) Écrivez là deux mots. Vous avez une ta))le.
DUBOIS
Que j'écrive! et pourquoi? La chose est incroyable. Je rougis seulement de me voir soupçonné.
]IIIU.ADY.
(Bas à madame BlainvUle.) Point de qjauvais propos. Il parait consterné.
(Haut.) Écrivez, je le veux.
DUBOIS
Et que faut-il écrire ?
MllADY.
Tout ce qu'il vous plaira.
DUBOIS
Je ne saurais que dire; Lorsque je suis à jeun , j'ai l'esprit très boi-né.
MILtDY.
Le sot. Eh bien , je vais vous tracer un modèle : Vous saurez copier, du moins.
[Elle va écrire.) DUBOIS , bas à Milady qui ne l'ccoulc pas.
Mais à quoi bon?...
Quelque malin esprit a brouillé sa cervelle. MADAME BiAiNviME, pc/idaiit iji/c Hlitailx écHt. Je saurai le tlédiir, ohli nir ton pardon : Conviens du fait, puisqu'il l'exige.
DUBOIS
Ah ! madame, croyez , par ce ciel que je voi, Que mon maître m'étonne; il a quelque vertige. MILADY, raenant.
Allez et copiez.
DUBOIS , bas à Milady.
De grâce, expliquez-moi....
MILADY
Non , non , parlez tout haut , ou plutôt qu'on se taise : ( Dubois va écrire.) { .4 madame BlaiiwHle.) C'est un rusé coquin. Il n'est pas à son aise. Surtout gardez-vous bien , je vous en avertis. De vouloir contrefaire ici votre écriture.
DUBOIS , à pari, lisant ce que Milady a écrit. Enfin, j'ouvre les yeux.... mes doutes éclalrcis.... Elle en sait plus que moi. Je cède sans murmure.
{Il lit.) • Avoue que tu as écrit la lettre , séduit par mol , milady Butler, jalouse des appas de madame Blainville. Mets le i papier dans ta poche. »
MILADY, à madame Blainville.
Je ne sais trop comment il pourra s'en tirer.
DUBOIS, à pari, en s'ai'ançant.
Très bien, parfaitement, je puis vous l'a.ssurer.
( D'un ton trisle. ) Allons, signalons-nous. Monsieur...
MILADY
• Pariez.
Je n'ose.
Je crains....
MILADY
Expliquez-vous.
DUBOIS
Que l'homme est peu de ebose !
Qu'il est faible et petit !
MILADY
Je vous entends , faquin.
Ce malheureux billet est donc de votre main ?
DUBOIS
D'un cœur plein d'amertume , hélas ! je le confesse.
MILADY
Ah ! vous le confessez I
DUBOIS
Il le faut : mon destin A voulu que le sort....
MILADY
Quelle scélératesse !
Mais qui vous l'a dicté? !Voramez-moi l'imposteur Qui vous a fait commettre une telle noirceur.
DUBOIS
Je ne puis ; j'ai donné ma parole d'honneur.
MILADY
Parlez, dis-je, parlez.
Il faut vous satisfaire:
Le dirai-je tout bas?
MILADY
Tout haut , point de mystère.
DUBOIS
C'est milady Butler qui m'a dicté l'écrit
Au sujet d'un milord : jalouse de madame....
MILADY
Qui ? milady Butler ? Quelle est donc cette femme ?
LES RIVALES
DCSOIS.
C'est un démon pour l'adresse et l'esprit.
9IADAIUE ELAIIVVILLE.
Que sais-je ? une bégueule , un de ces personnages Dont on rit.
MIIADY,
{Bas.) ( Haut. )
Pas toujours. Pour ces lâches billets Combien vous don na-t-on?
Pour rien je les ai faits , Du moins jusqu'à présent.
tiiLADY, lui donnant sa bourse.
Tenez , voici vos fjages :
Je vous chas.se. Sorlej.
DUBOIS
A merveille , j'en ris.
Que je suis malheureux !