‹ Œuvres complètesChapitre 356 sur 416 · U1L4DY · texte numérisé non relu

U1L4DY

Oui, oui, l'auteur.

DUBOIS

Je n'ai pas cet honneur.

SIILAST.

(.^ madame Blainville.) Comment ? regardez bien. Il rougit, s'embarrasse. ( Haut.) Ah ! trailre ! à l'inslant réponds-moi : Ce billet fut écrit par loi.

DUBOIS

Par moi ! quelle idée !

UILADY.

Oui , toi-même , Ose donc le nier?

DUBOIS

Dans ma surprise extrême Je ne puis concevoir un semblable soupçon.

MiLADY, bas à madame Blaintille.

En valu il s'en défend. Je le crois très coupable.

DUBOIS , à part.

Quel est donc son projet ? Perdrait-il la raison ? mn-ADV , bas.

{Bas à Dubois.) J'imagine un moyen ; oui très sûr. Dis que noii.

( ffaiit.) Écrivez là deux mots. Vous avez une ta))le.

DUBOIS

Que j'écrive! et pourquoi? La chose est incroyable. Je rougis seulement de me voir soupçonné.

]IIIU.ADY.

(Bas à madame BlainvUle.) Point de qjauvais propos. Il parait consterné.

(Haut.) Écrivez, je le veux.

DUBOIS

Et que faut-il écrire ?

MllADY.

Tout ce qu'il vous plaira.

DUBOIS

Je ne saurais que dire; Lorsque je suis à jeun , j'ai l'esprit très boi-né.

MILtDY.

Le sot. Eh bien , je vais vous tracer un modèle : Vous saurez copier, du moins.

[Elle va écrire.) DUBOIS , bas à Milady qui ne l'ccoulc pas.

Mais à quoi bon?...

Quelque malin esprit a brouillé sa cervelle. MADAME BiAiNviME, pc/idaiit iji/c Hlitailx écHt. Je saurai le tlédiir, ohli nir ton pardon : Conviens du fait, puisqu'il l'exige.

DUBOIS

Ah ! madame, croyez , par ce ciel que je voi, Que mon maître m'étonne; il a quelque vertige. MILADY, raenant.

Allez et copiez.

DUBOIS , bas à Milady.

De grâce, expliquez-moi....

MILADY

Non , non , parlez tout haut , ou plutôt qu'on se taise : ( Dubois va écrire.) { .4 madame BlaiiwHle.) C'est un rusé coquin. Il n'est pas à son aise. Surtout gardez-vous bien , je vous en avertis. De vouloir contrefaire ici votre écriture.

DUBOIS , à pari, lisant ce que Milady a écrit. Enfin, j'ouvre les yeux.... mes doutes éclalrcis.... Elle en sait plus que moi. Je cède sans murmure.

{Il lit.) • Avoue que tu as écrit la lettre , séduit par mol , milady Butler, jalouse des appas de madame Blainville. Mets le i papier dans ta poche. »

MILADY, à madame Blainville.

Je ne sais trop comment il pourra s'en tirer.

DUBOIS, à pari, en s'ai'ançant.

Très bien, parfaitement, je puis vous l'a.ssurer.

( D'un ton trisle. ) Allons, signalons-nous. Monsieur...

MILADY

• Pariez.

Je n'ose.

Je crains....

MILADY

Expliquez-vous.

DUBOIS

Que l'homme est peu de ebose !

Qu'il est faible et petit !

MILADY

Je vous entends , faquin.

Ce malheureux billet est donc de votre main ?

DUBOIS

D'un cœur plein d'amertume , hélas ! je le confesse.

MILADY

Ah ! vous le confessez I

DUBOIS

Il le faut : mon destin A voulu que le sort....

MILADY

Quelle scélératesse !

Mais qui vous l'a dicté? !Voramez-moi l'imposteur Qui vous a fait commettre une telle noirceur.

DUBOIS

Je ne puis ; j'ai donné ma parole d'honneur.

MILADY

Parlez, dis-je, parlez.

Il faut vous satisfaire:

Le dirai-je tout bas?

MILADY

Tout haut , point de mystère.

DUBOIS

C'est milady Butler qui m'a dicté l'écrit

Au sujet d'un milord : jalouse de madame....

MILADY

Qui ? milady Butler ? Quelle est donc cette femme ?

LES RIVALES

DCSOIS.

C'est un démon pour l'adresse et l'esprit.

9IADAIUE ELAIIVVILLE.

Que sais-je ? une bégueule , un de ces personnages Dont on rit.

MIIADY,

{Bas.) ( Haut. )

Pas toujours. Pour ces lâches billets Combien vous don na-t-on?

Pour rien je les ai faits , Du moins jusqu'à présent.

tiiLADY, lui donnant sa bourse.

Tenez , voici vos fjages :

Je vous chas.se. Sorlej.

DUBOIS

A merveille , j'en ris.

Que je suis malheureux !

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