A MES VERS
Parlez mes vers, inonirez-vous dans Paris,
Et malfjré moi , malgré voire faiblesse,
Allez braver de la fiera Uilèce
L'insouciance cl les airs de mépris.
Soni;ez-y bien , le pas est lémcraire;
Dans ce pays les muses sont en deuil ,
Et l'on y parle une lanjjueetran.'jére:
En vain Racine et le chanire d'Auteuil
Reparaîtraient , et feraient de leur lyre
Ouïr encor les sois doux el brillans.
L'écho lui se 1 répondrait à leurs chants;
Et le bud ;ét , la charle de l'empire,
Et le dépol de l'amorlissemenl ,
Mois que Boileau prendrait pour du persan,
Du dieu des vers effarouchent l'oreille.
Songez aussi que la crilique \eille,
Et punira vo:re lémérité.
Ah! croyez-moi, p,ardez l'obscurité.
Mais, je le vois, le sort en est jeté.
Adieu , parlez; que les neuf Immortelles
Veillent sur vous, vous couvrent de leurs ailes!
Tâchez du moins, dans votre égarement.
Tâchez de plaire à quelque objet charmant ;
Vous le savez , ainsi Vénus l'ordonne :
Un doux regard , un seul mot caressant
De la beauté, son sourire allrayant,
Des muses vaut la fragile couronne.