‹ Œuvres complètesChapitre 366 sur 416 · A MES VERS · texte numérisé non relu

A MES VERS

Parlez mes vers, inonirez-vous dans Paris,

Et malfjré moi , malgré voire faiblesse,

Allez braver de la fiera Uilèce

L'insouciance cl les airs de mépris.

Soni;ez-y bien , le pas est lémcraire;

Dans ce pays les muses sont en deuil ,

Et l'on y parle une lanjjueetran.'jére:

En vain Racine et le chanire d'Auteuil

Reparaîtraient , et feraient de leur lyre

Ouïr encor les sois doux el brillans.

L'écho lui se 1 répondrait à leurs chants;

Et le bud ;ét , la charle de l'empire,

Et le dépol de l'amorlissemenl ,

Mois que Boileau prendrait pour du persan,

Du dieu des vers effarouchent l'oreille.

Songez aussi que la crilique \eille,

Et punira vo:re lémérité.

Ah! croyez-moi, p,ardez l'obscurité.

Mais, je le vois, le sort en est jeté.

Adieu , parlez; que les neuf Immortelles

Veillent sur vous, vous couvrent de leurs ailes!

Tâchez du moins, dans votre égarement.

Tâchez de plaire à quelque objet charmant ;

Vous le savez , ainsi Vénus l'ordonne :

Un doux regard , un seul mot caressant

De la beauté, son sourire allrayant,

Des muses vaut la fragile couronne.

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