‹ Œuvres complètesChapitre 367 sur 416 · A M. LE DUC DE CHOISEUL · texte numérisé non relu

A M. LE DUC DE CHOISEUL

Charjue Français doit par reconnaissance,

S'occuper de vos inléréts.

J'y révais l'aulre jour, el j'ai trouvé, je pense. Moi , citoyen obscur, un moven qui, sans frais, Va vous payer la di tie de la France.

Vous, de la gloire environné,

£l moi. rampant dans la poussière;

Vou.s, ici-bas prédestiné,

Et moi , peslant comme un damné,

iNous finirons noire cariière;

Car tout finil ; et les mêmes ciseaux

Coupent le fil du sol el du héros.

Or donc alors, au bon homme saint Pierre, Vous aurez beau crier à vous lasser :

" Je suis Clioiseul , qu'on me lai.sse passer! — On n'enire point : vous n'êtes pas des nôtres, > Répondra brusqLiemenI le premier des apôtres;

Car, ceci .soit dii entre nous,

Quelle aljstineuce avez-vous faite?

A quel litre préleiidez-vous

Qu'au paradis on vous admette?

Ob.servez-vous , dans vos festins brillans,

Les vigiles et le carême?

On dit que non ; et l'on assure même Qu'on fait chez vous grande cbrreen tout temps. Quand du plaiair le doux altrail vous presse, Courez-vous dans la neige, ainsi que saint François, Éteindre de vos sens linipélueuse ivresse ?

Plus d'une belle , à demi voix , Répond: il m'a damnée, hélas! pins d'une fois.

D'ailleurs, si l'espi it doit exclure.

Comme on le dit , du céleste palais , Que je vous plains ! Mais la chose est très sûre ,

Vous êtes proscrit p ui' jimai».

Qu'élrangement mon sort di.fere !

La nalure, plus débonnaire.

En faii d'esprit , m'a doté mincenient ;

De plus , jamais la bonne chère

^'alléra mon lempérament Quani an péché migmm , je .sens que la nature M'eniraineiait à ma perdition ; Mais sans argent, aisément je vous jure,

On échappe à l'orcasion.

De tout cela . voici la conséquence :

J'aurai IJ-haul quelque crédit , Si bienheureux sont les pauvres d'esprit.

Alors, malgré mon importance,

Afiligé de votre destin.

Je parlerai pour vous au Ir hunal divin ;

— Oui, j'en conviens, Choiseul lut homme,

Leur dirai-je naïvement ; Ma s s'il n'est pas un saint du Vatican,

C'est un saint de l'anlique Rome.

Enfin . je m'éiablis dans la sainte cité

Le palrou de voire excellence ; Soyez ici le mien pendant mon existence,

Vous gagnerez de primauté.

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