‹ Œuvres complètesChapitre 372 sur 416 · A M. DE M · texte numérisé non relu

A M. DE M

Maître des requêtes.

{ Écrile à sa campagne. )

A vous, l'enfant de la sagesse , Salut , honneur, sauté . riche.sse.

Un peu d'amour ne gale rien.

Permis à vous , homme de bien , De travailler pour la pallie.

Tandis qu'au sein de l'incurie, Sans préjugés et sans lien, Ici s'ecdiile noire vie ; INo:is jouissons d'un doux loisir:

La nuit se passe à bien dormir; Et nous pressons la plume oiseuse Jusqu'au momeni où le soleil , Levant sa télé radieuse , Dis.sipe l'ombre et le sommeil.

Ou court aussitôt sue' Iherbelte, Respirer l'aii' pur du malin.

Cueillir la rose et le jasmin Pour les offrir à .son Annette Et parfumer son joli sein.

Je dois ici quelques fleurettes Aux déliés de ce séjour :

Ce sonI gentilles bergeretles.

Ce sont plutôt brebis d'amour:

Plus philosophes que Lucrèce , Et du plaisir suivant les lois,

POÉSIES

r.'esiuii amani qui les confesse, Et leur chapelle est dans les bois.

Mais quand du jour le char rapide

S'eleve et brille nos coteaux ,

Que l'ombre fuit, que les troupeaux

Reposent suc la leife aride;

Que loin du bruit, sur des roseaux,

Détachant sa jupe légère,

La jeune et timide ber.^jère

Se baigne et joue au seni des eaux:

Alors une cloche argeiuine

Annonce l'heure du festin ;

Ou pan , ou court, chai un soudain

S'assied auprès de sa Corine ,

Lui sourit le verre à la main ,

Et va presser à la soiu'dine

D'un pied furlif , son pied voisin.

Le caTé pris , pour tout .sysième,

Chacun s'échappe à volonté :

Car dans ces lieux, comme à Thélème,

IVotre devise est liberté,

La liberté, ce bien suprême,

Que l'or des cours ne peut payer.

Le gros Mondor, grand financier,

Digère et dort; c'est son usage.

Zelis s'armanl de son ouvrage,

D'un pied léger va loin de n us.

Chercher le repos et l'ombrage;

Saiiit-Kar, que caclia't le (euillage,

Parail et lonibe à ses genoux.

Il est aime de la bergère.

L'asile est silr, voluptueux ;

Ne troublons point ce doux mystère:

Et cependant, non moins heureux,

Amant des ans , de la nature ,

Je vais errer i l'avenlure.

Au fond d'uu bois silencieux.

Tantôt, montant ma faible lyre.

Je chaule et Délie et l'Amour.

Tantôt, frappé d'uu nouveau jour, Et philosophe .sans délire, Des passions, de leur empire.

Mon œil perce l'obscur détour; Ou quand du soir l'ombre tardive Connnence à voilei' l'horizon , Je vais jouir dans le vallon Du fraii d'une onde fugitive.

Là, j'écoute berger nouveau.

Assis sur l'hunibie violelle.

Le lent niurnnu'e du ruisseau.

Les sons plaintifs d'une musette.

Ou la naïve chansonnetie De Rosine, amour du hameau, Qui, l'air riant et saisfaile, Des champs ramène son troupeau.

Ainsi s'échappe avec viie.sse Chaque moment d'un jour serein, Sur le duvet de la paresse , Libre des soins du lendemain.

Tel un oiseau siin.ileet docile.

Quand le printemps et le zéphyr Couvrent de fleurs son doux asile,

Sans .s'occuper de l'avenir.

Laisse couler le lemps mobile Et vit sous l'aile du plaisir.

Ami, que la foule importune S'empresse aux palais des Séjans, Que le leniple de la fortune Soit fatigue de leur encens : Pour moi, docile ù la nature.

Repoussant le joug des erreurs , Je ne demande pour faieurs Qu'un bois baigné d'une onde pure, Une compagne et quelques fleurs.

Heureux cent lois, si ma Délie, Objet trop cher à mes rivaux , Daigne louiours parer ma vie Des fleurs de Gnideet de Paphos; Si , toujours fidèle et sensible.

Elle .sourit .1 mes désirs :

Si dans ses bras l'aube paisible Me trouve cuivré de plaisirs !

Mais du voile qui m'environne, l'ourquoi percer l'obîruiilé?

Sachons jouii-, quand l'heure sonne, î)u caprice de la beaulé.

Adieu , je l'entends qui m'appelle :

Le jour penche vers sou déclin; Oui, oui, ma Dclîeesl tidele, tl j'en reponds jusqu'à demain.

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