LE ROSSIGNOL, LA PERRUCHE ET LA JEUNE FILLE
F.IBLE.
A Bordeaux, chez monsieur Duval, Excellent père de famille, On apporta du .Sénégal Une perruche pour .sa fille.
Trois lustres moins deux mois De cette jeune enfant composaient le bel âge. Des qu'elle vil l'oiseau, son éclatant plumage, Ou se trouvaient réunis :^ la fois Le plus beau vert, le bleu de ciel , le ro.se. D'allégresse .soudain son cœur fut iransporlë. Sans cesse elle y revient, â louie heure elle eu cause; Vante de cet oiseau la grâce, la bcaulé, L'iril carre.ssant, la genlille manière.
Plus heureux que Verl-\ erl par (Jre.sset célébré,
Soir el malin sa main légère Lui prodi,;ue bi.scuils, bonbons, orge surré. Mais la faveur, la gloire est choe passagère! A Lise on apporla des champs Un rossignol, ravi jeune à sa mère.
Ses plumes sans éclat , ses traits sans agrémenSi Hélas! n'oliliurenl d'elle Que des regards indifféi ens.
Ah ! qu'avec raison philonièle Préfère le sjour des bois Aux brillantes cités, aux palais de nos rois! Mais Li.se était. sensible, et ontètie, pour elle, Qu'il fût beau , qu'il fiit laid était intéressant. Le rossignol eut une belle cage.
Il fut .'■oigiié, no'M-ri d'un pur froment; Mais biscuits et bonbons étaient journellement Pour l'africaine an beau plumage.
Six mois passes et l'iiiver expiiant.
Le doux printemps ramena sur son aile.
Avec les tleurs, l'amour et le.s plaisirs : Le rossignol emu d'une chaleur nouvelle.
Agité de naissaus désirs.
Fit retentir les airs de son brillant ramage.
A .ses accords mé'od eux Lise tout étonnée , écoule , ouvre les yeux , Admire, et de .ses mains lai.sse fuir son ouvrage, La perruche â son tour { les sols sont maladroits) An chant du rossignol mêle sa rude voix : Quelle voix, jusie ciel, et quelle discordance! La pauvre philomele, ef, rayce â ce bruit. Se lut et se cacha ; Lise dans son dépit, A cet oiseau criard ordonna le silence, Gronda, pria, menai a, rien n'y fit. L'indocile animal crie encor davantage.
Lise alors , sans pitié, fait iran.spoiter la cage
PIÈCliS FUGITIVES.
Loin de sa cliaiubre . au liant de la maison. l'Ius de l)ji>er.<i , plus de ljoiil;oii ! Quel caj ri.e du .scirl , et que dirait l'Iainn ! Ainsi Denis le .Itune, en perdant lacouronne. Alla vivre à Coiinlhe obscur et méprisé. Permettez qu'avec vous un moment je raisonne,
Belles du jour, voire espril abu.sé Pen.se que la beauté, .son presli;ie frivole, Est le plus beau presenl de la Di\ i.iité :
Sottise et pure vanité!
L'esprit el les lalens, croyez en ma parole, Sont des dons plus heureux cent lois que la beauté.
ÉPIGRAMME
HeureiiTcenl fois qui peul plaire .^ Li.selle! Son esprit et son cœur sont fora es pour l'amour : Tout plaît tout charme en elle; elle serait parfaite, Si Lisette pouvait aimer plus d'un seul jour.