SUR LA MORT
Je vais passer le fleiive du Cocyte, Et sur SCS bords le vieux Caroii m'attend; Mou (rii s'eleinl carhé dans son orbite; Mon front jaunit, mon pas est chancelant.
Adieu, plaisirs, doux charmes de la vie, Jeux du bel &pe . et vous , tendres amours ; Adieu l'iiilis, el vous, belle l»plie, Dont les rejards embellissaient mes jours.
Père du jour, el vous, brill.nle Aurore , Dont le retour réveille l'univers, tt dont le char en s'elevani colore, Remplit, embrase el le ciel el les mers.
Combien de fois j'ai de Ion orbe immense, Sur l'Iierbe assis conleniplé la spUndeur, tt remonté dans un pro ond .silence Par la pensée à ton divin auleur !
Mais c'i n est fait , mes yeux de la nature IV'e venont plus les lableaux ravis^ans; Je vais dormir dans une fesse obscure, Anéanti, dévoré par le lemps.
Mais, à quoi sert ici ma plainle amere? Princes, h-ros, savoir, ffrâces, appas.
Tout ce qui fut n' si plus qu'ombre et poussière. Et je voudrais éviter le trépas.
Mais écarlons ce penser si fune.sie, Soumetlons-nous, mourir esl un devoir; Sachons jouir vu moment qui nous reste , Eucore un jour, soleil je vais te voir.
Oui , c'est par toi que mon âme inquiète Tj'ouvail la paix dans mon humble séjonr, Se consolail dessollisesdu jour, Des Irahisons d'une adroile coquetle, tt des gjaiids airs de nos messieurs de cour. Puisse duier cet élal si lrant|uille Jusqu'au momeni où le vieUard ap,ile Qui, dans ses jeux, dév re l'univers, Aura jeté sur ma léie débile Le poids glacé de quatr.'-vingts hivers. Pui>sé-je alors, descendant lers la bar;;ue. Sans re.'jrctter le sonp,e d'un moment.
Sans m'e fraver des ciseaux de la Parque, Comme un beau jour m'éteindre doucement.