‹ Œuvres complètes; (volume 2)Chapitre 100 sur 332 · Et nous fassent des paysages Ce membre de phrase a été · texte numérisé non relu

Et nous fassent des paysages Ce membre de phrase a été

ajouté par Malherbe.

aussi qu'il ait l'intention de profiter. Pour la même raison aussi nous ne devons rien aux bêtes brutes, et cependant combien d'hommes sont échappés aux périls par la seule vitesse de leurs chevaux ! ni aux arljres, et toutefois combien voyez-vous faire en été d'agréables retraites sous leur ombre contre la chaleur excessive du soleil ! Or que m'importe que celui qui me profite ou ne le sache point, ou qu'il soit incapable de le savoir, puisque ni l'un ni l'autre n'a la volonté de profiter? N'y auroit-il pas autant d'apparence que je susse gré à un bateau , à un carrosse ou à une lance , comme à un homme qui sans le vouloir faire me profite casuellement?

VIII. Je puis bien être obligé sans que je le sache, mais je ne le saurois être par un qui ne le sache point. Combien voit-on d'hommes guéris par des choses fortuites que cependant on ne met pas entre les remèdes ! N'y en a-t-il pas eu qui pour être tombés au cœur de l'hiver dans une rivière ont recouvert * leur santé, que toutes les drogues des apothicaires ne leur avoient su rendre? d'autres qui pour avoir eu le fouet ont perdu la fièvre quarte ? et d'autres encore auxquels une subite appréhension a tellement diverti l'esprit, que l'heure suspecte s'est passée, et l'accès qu'ils attendoient ne leur est point venu ? Toutefois il n'y a pas un de ces accidents qui soit appelé salutaire, encore qu'il puisse quelquefois arriver que la fortune en fait naître les causes de notre salut. Ainsi s'il y a des hommes qui nous profitent sans qu'ils le veuillent, ou plutôt pource qu'ils ne le veulent pas, quelle raison avons-nous de penser leur être obligés? Mais que direzvous si peut-être la fortune a fait réussir à mon avantage ce qu'ils avoient entrepris pour ma ruine? Pensez-vous que j'aie de l'obligation à un qui visant à moi a frappé mon

I. On disait autrefois, surtout au palais, recouvert pour recouvre.

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