‹ Œuvres complètes; (volume 2)Chapitre 137 sur 332 · I. Vak. (édit. (Je ifiSi) : Baillé à gage · texte numérisé non relu

I. Vak. (édit. (Je ifiSi) : Baillé à gage

■j.'\z TRAITE DES BIENFAITS DE SE>ÈQUE.

l'estime pas moins pour être demeurée au deçà de l'exécution. Celui qui a suivi les occasions, et qui comme il lui en est échappé une a couru après l'autre, afin de vous pouvoir rendre ce qu'il avoit reçu de vous , il a plus fait que celui qui sans sueur et sans peine n'a pas été sitôt obligé quil n'ait trouvé moyen de s'acquitter.

XV. ^ ous me dites qu'au bienfait il y a deux points, la volonté de donner, et la chose qui est donnée, et que par conséquent il en faut deux à la revanche. Vous auriez raison de tenir ce langage à un paresseux, qui sans bouger d'une place penseroit assez faire de vouloir, mais non pas à un qui assemble à cette volonté tous les efforts (jui lui sont possibles, et ne voit pierre qu'il ne remue pour s' acquitter ; car il ne tient pas à lui que l'effet n'accompagne la volonté. Davantage, il ne faut toujours estimer les choses au nombre; quelquefois une en vaut deux. C'est pourquoi, puisque 1 impossibilité lui résiste, payez-vous de la grandeu]- de son affection. Que si toujours en la reconnoissance les effets sont nécessaires, à qui est-ce que les Dieux ne reprocheront l'ingratitude, puisqu'on ne lem' peut rien offrir que la volonté? Oui, mais, direz-vous, les Dieux ne peuvent rien recevoir de nous. Il est vrai*, mais si celui qui m'a fait plaisir pour la félicité de sa condition en est de même, pourquoi est-ce qu'il ne se contentera de la même satisfaction?

XVI. Toutefois si vous voulez que je vous die ce qui m'en semble, et que je me signe*, je suis d'avis quel" un fasse compte d'avoir reçu la revanche, et que l'autre se souvienne qu'il n'en a point fait. Que l'un quitte, et que l'autre ne pense pas moins à payer. Que l'un die : « Je suis payé, »

I . Que je signe ma réponse. Malherbe traduit ainsi les mots latins : Si vis signare responsum.

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