I. Enéide, liv. IX, vers 44*1 et suivants
claire et a trop de grâce pour lui chercher d'embellissement. Je vous avertirai seulement d'une chose : que ce qu'il a dit des richesses, se peut appliquer partout où vous vous en voudrez servir. Voulez- vous faire Pythoclès honnête homme? n'accroissez point ses honneurs, mais diminuez ses convoitises. Voulez-vous qu'il soit en une volupté perpétuelle? n'accroissez point ses voluptés, mais diminuez ses convoitises. Voulez-vous que sa vie soit longue? n'accroissez point ses années, mais diminuez ses convoitises. Toutes ces paroles ne sont point particulièrement à Epicure; elles sont publiques. Je tiens qu'il faut faire en la phdosophie comme au sénat. Quand quelqu'un a dit quelque chose qui ne me plaît qu'en quelque partie, je lui fais diviser son opiiiion, et me range de son côté. Et puis j'allègue tout exprès Epicure, afin que ceux qui se voudroient jeter de son parti, pensant y trouver la couverture de leurs intentions vicieuses , sachent que de quelque côté qu'ils se tournent, il faut qu'ils se résolvent d'être gens de bien et se comporter avec honneur. Quand ils iront pour se rendre dans ses jardins, et qu'ils verront écrit sur sa porte : Passant^ il y a bon logis céans : la volupté y est tenue pour souverain bien , après cela vous treuverez im concierge gracieux, qui vous traitera de bouillie % et vous donnera de l'eau tout ce que vous en voudrez", il vous dira : « Eh bien! ne vous fais-je pas bonne chère? On ne s'affame point en ces jardins, on s'y rassasie; ce qu'on y boit ne provoque point l'altération, mais ôte la soif, a\ec un remède gratuit et naturel. » J'ai passé ma vie en cette volupté : je vous parle de ces désirs qui n'écoutent point de consolation, et à qui par force il faut donner quelque chose pour les apaiser ; car quant aux autres, qui se peuvent remettre à une autre