‹ Œuvres complètes; (volume 2)Chapitre 206 sur 332 · IV. C'est ce que nous avons à considérer, quand nous · texte numérisé non relu

IV. C'est ce que nous avons à considérer, quand nous

avons envie travoir quelque chose : comme d'autre côté, s'il arrive que nous la perdions, notre consolation est, de nous représenter qu'elle étoit fortuite, que nous nous en sommes passés autrefois, et que nous nous en passerons bien encore à l'avenir. Si nous l'avons eue longtemps, nous dirons que nous avons eu loisir de nous en soûler ; et si nous ne l'avons guère eue, que nous n'avons point sujet de regretter une chose à laquelle nous n'étions pas encore accoutumés. Nous aurons moins de bien, nous aurons donc moins d'inquiétudes; nous aurons moins de crédit, nous serons moins ennuyés. Jetons les yeux sur tout ce qui nous ôte le sens, et pour qui nous fondons en larmes quand nous le perdons; nous trouverons que ce n'est point le perdre qui nous afflige, mais l'opinion seule d'avoir perdu. Nous y pensons, mais nous n'en sentons rien. Qui se possède ne peut rien perdre; mais le mal est, qu'd s'en trouve peu qui soient capables de se posséder.

Argument. — I. Les actions des grands, jusques aux plus petites, ne peuvent être cachées. — II. L'homme de bien ne cache point sa vie, comme le méchant.

I. Vous vous ébahissez comme je suis si particulièrement informé de vos affaires, et qui me peut avoir découvert une chose que vous n'avez communiquée à personne. Ne savez-vous pas que le bruit* est un grand maître de nouvelles? C'est par lui que j'ai eu des vôtres. Et quoi

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