‹ Œuvres complètes; (volume 2)Chapitre 209 sur 332 · Nec cjiio/l ante nos fuit nostrum est^ rlit Sénèque · texte numérisé non relu

Nec cjiio/l ante nos fuit nostrum est^ rlit Sénèque

ÉPÎTRE XLIV. 4ai

mauvais, rimportance n'est pas d'oii les choses viennent, mais où elles vont. On ne peut nier que ce qui nous peut faire vivre heureusement ne soit bon ; car il n'est point susceptible d'empiremenl. D'où vient donc que nous ne trouvons le bon chemin ? De ce que bien que nous desirions tous la vie heureuse, nous prenons ses instruments pour elle , et la fuyons en la désirant ; car au lieu de nous procurer une sécurité solide et une confidence iné branlable, qui sont deux points où gît la félicité , nous cherchons de tous côtés des sujets de nous affliger; et marchant par un chemui plem d'embûches , nous nous chargeons de tant d équipage, que nous ne sommes pas assez forts pour le porter. De cette façon nous n'avons jamais notre compte, et tant plus nous travaillons, tant moins il se trouve de besogne faite. Nous reculons au lieu d'avancer, et comme tous ceux qui courent dans un labyrinthe, nous nous impliquons toujours davantage, et pour faire trop de diligence, sommes cause de notre retardement.

Argument. — I. Peu de livres, mais bons. Les disputes captieuses des philosophes sont inutiles. — II. Le vice nous fait la guerre sous une apparence de vertu. — IIL Quel homme se peut dire heureux. — IV. Si toutes les choses nécessaires peuvent être appelées bien. — V. La meilleure partie de la vie se passe à la recherche des choses superflues.

1. Vous vous plaignez qu'il se recouvre peu de livres en vos quartiers*. Ce n'est rien d'en avoir l)eaucoup :

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