I. // est bien, il ari'ive Iiien
Malherbe, ii 4a
fj58 LES EPiTRES DE SE^EQUE.
II. C'est à la vertu seule que le tempérament appartient : les vices ne savent que c'est. Il ne faut point penseï de leur donner de règle *, on aura bien plus tôt fait de les arracher entièrement. Pensez-vous qu'en ces ordures invétérées que nous appelons maladies de l'âme, comme sont lavarice, l'impiété, la ciuauté, le transport de colère, il y ait quelque modération? Il v en a donc moins aux passions; car de celles-ci on passe aux autres. Et puis, si nous donnons quelque pouvoir à la tristesse, à la crainte, aux désirs et autres semblables désordres, il ne faut plus parler de les retenir. L'occasion^ est que ce qui les irrite est hors de nous, et que selon la grandeur des objets qui les provoquent, ils deviennent ou plus grands, ou plus petits. La crainte sera plus lâche, quand l'occasion de craindre sera plus apparente ou plus prochaine; la cupidité plus violente, quand l'espérance qui l'appellera, sera plus importante. Si nous ne pouvons empêcher la naissance des passions, nous ne pouvons non plus empêcher leur accroissement. Il se faut résoudre de ne leur permettre point de commencer, ou faire état qu'elles se conformeront à leurs causes, et croîtront selon rimpression qu'on leur en donnera. D'ailleurs, quand il n'y auroit autre chose, elles ne sauroient être si petites, qu'avec le temps elles ne fassent bien du chemin. Ce n'est pas l'ordinaire des choses qui sont pernicieuses de se prescrire ime mesure. Les moindres maladies se font quelquefois incurables, et ne faut moins que rien^ à ceux qui sont mal disposés, pour les accabler. Mais je vous prie, quelle apparence y auroit-il, que quand il me plairoit, je pusse finir une chose de qui le commencement ne seroit pas en mon pouvoir ? Comme aurois-je la force de faire cesser ce que