‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 125 sur 295 · Comparez cette strophe avec le fragment cxxi · texte numérisé non relu

Comparez cette strophe avec le fragment cxxi

Demeure éternellement. 1 1 o

Par elles traçant l'histoire

De tes faits laborieux ,

Je défendrai ta mémoire

Du trépas injurieux;

Et quelque assaut que te fasse 2 i 5

L'oubli par qui tout s'efface ,

Ta louange dans mes vers ,

D'amarante couronnée,

N'aura sa fin terminée

Qu'en celle de l'univers. 220

218. 0: Couronner quelqu'un d'amarante, est, dit Ménage, une façon de parler très-belle et très-poétique, pour dire lui donner l'immortalité ; l'amarante étant une fleur qui ne se flétrit point, comme le marque son nom, et qui pour cela est appelée V Immortelle, s

CHANSON

Composée avant le mois d'octobre i6ofi et imprimée en 1607 dans le Parnasse des plus excellents poètes de ce temps.

« J'ai oui dire à M. de Racan, dit Ménage, que cette chanson fut faite dans la chambre de Mme de Bellegarde, par elle, par lui et par Malherbe, à l'imitation d'une chanson espagnole, dont le refrain étoit : Dïenpuede ser, No puede ser; et que Mme de Bellegarde y avoit beaucoup plus de part, ni que lui, ni que Malherbe. Ainsi cette pièce n'a point dû être mise parmi celles de Malherbe. Cependant, de son temps même , elle passoit pour être de Malherbe, comme il paroît par ces vers que Berthelot fit contre lui , au sujet de cette chanson. »

La pièce de Berthelot , composée de sept couplets très-mordants, se termine ainsi :

Être six ans à faire une ode, Et faire des lois à sa mode,

Cela se peut facilement ; Mais de nous charmer les oreilles Par sa mert'eille des merve'ilUs ,

Cela ne se peut nullement.

Pour se venger, Malherbe, à ce que raconte encore Ménage, fit donner des coups de bâton à Berthelot par un gentilhomme de Caen nommé la Boulardière.

On lit dans le Journal de l'Estoile , à la date du 1 4 décembre ifiofi : a Ce jour, M. Despinelle m'a donné le Combat de l'Amour et du Repos, vers de Malherbe, avec la réponse de Berthelot. s II y a ici évidemment une erreur de l'Estoile ou de son éditeur. Le Combat de l'Amour et du Repos est une pièce de cent chiquante vers qui commence ainsi :

Cet enfant de qui les flami^jes Brûlent les plus belles âmes Et les courages les plus bas, Un jour pensant voir sa mère,

POÉSIES, XXIl. 97

Se vint rendre à ma commère, Pour dormir entre ses bras.

Elle a été imprimée, sans nom d'auteur, dans le second volume du Parnasse des plus excellents poètes. Rien ne permet de supposer qu'elle puisse être de Malherbe : le style appartient à un mauvais ijoëte de l'école de Ronsard , et de plus ce n'est nullement à ces vers que répondent les vers de Bertlielot cités plus haut.

Qu'autres que vous soient désirées , Qu'autres que vous soient adorées,

Cela se peut facilement ; Mais qu'il soit des beautés pareilles A vous, merveille des merveilles, 5

Cela ne se peut nullement.

Que chacun sous telle puissance Captive son obéissance.

Cela se peut facilement; Mais qu'il soit une amour si forte i o

Que celle-là que je vous porte ,

Cela ne se peut nullement.

Que le fâcheux nom de cruelles Semble doux à beaucoup de belles ,

Cela se peut facilement ; i 5

Mais qu'en leur âme trouve place Rien de si froid que votre glace.

Cela ne se peut nullement.

Qu'autres que moi soient misérables

Par vos rigueurs inexorables , 2 o

Cela se peut facilement; Mais que la cause de leurs plaintes

7. Var. (G, M, O) : Que chacun sous votre puissance. Maxherbe. I 7

Porte de si vives atteintes , Gela ne se peut nullement.

Qu'on sei'\'e bien, lorsque Ton pense a 5

En recevoir la récompense ,

Cela se peut facilement; Mais qu'une autre foi que la mienne N'espère rien et se maintienne ,

Cela ne se peut nullement. 3o

Qu à la fin la raison essaie Quelque guérison à ma plaie ,

Cela se peut facilement; Mais que d'un si digne sei'vage La remontrance me dégage , 3 5

Cela ne se peut nullement.

Qu'en ma seule mort soient finies Mes peines et vos tvrannies,

Cela se peut facilement ; Mais que jamais par le martyre 40

De vous servir je me retire ,

Cela ne se peut nullement.

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