‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 138 sur 295 · Var. (N) : De n'avoir su me retenir · texte numérisé non relu

Var. (N) : De n'avoir su me retenir

i42 POÉSIES, XXXYII.

Vraiment je puis bien avouer

Que j'avois tort de me louer ao

Par-dessus le reste des hommes ;

Je n'ai point d'autre qualité

Que celle du siècle où nous sommes ,

La fraude, et Tinfidélité,

Mais à quoi tendent ces discours , 2 5

O beauté qui de mes amours

Etes le port et le naufrage?

Ce que je dis contre ma foi,

N'est-ce pas un vrai témoignage

Que je suis déjà hors de moi? 3o

Votre espiit , de qui la beauté

Dans la plus sombre obscurité

Se fait une insensible voie ,

Ne vous laisse pas ignorer

Que c'est le comble de ma joie 35

Que l'honneur de vous adorer.

Mais pourrois-je n'obéir pas

Au Destin , de qui le compas

Marque à chacun son aventure ,

Puisqu'en leur propre adversité 4 o

Les Dieux tout-puissants de nature

Cèdent à la nécessité ?

Pour le moins j'ai ce réconfort,

Que les derniers traits de la mort

Sont peints en mon visage blême , 4 5

Et font voir assez clair à tous ,

4f). Var. (N) : Qui font voir.,..

POÉSIES, XXXVII. i/,3

Que c'est m'arraclier à moi-même Que de me séparer de vous.

Un lâche espoir de revenir

Tâche en vain de m'entretenir ; 5 o

Ce qu'il me propose m'irrite;

Et mes vœux n'auront point de lieu ,

Si par le trépas je n'évite

La douleur de vous dire adieu.

i44 POÉSIES, XXXVIII, XXXIX.

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