II. Le poëte ici s'adresse aux IMuses
Mai.hf.rbk. I 14
POÉSIES, LXIY.
Dansant au silence des bois.
Venez en robes, où l'on voie i 5
Dessus les ouvrages de soie
Les rayons d'or étinceler;
Et chargez de perles vos t^tes ,
Comme quand vous allez aux fêtes
Où les Dieux vous font appeler. 20
Quand le sang Ijouillant en mes veines
Me donnoit de jeunes désirs ,
Tantôt vous soupiriez mes peines ,
Tantôt vous chantiez mes plaisirs;
Mais aujourd'hui que mes années 2 5
Vers leur fin s'en vont terminées ,
Siéroit-il bien à mes écrits
D'ennuyer les races futures
Des ridicules aventures
D'un amoureux en cheveux gris? Bd
Non , vierges , non ; je me retire
De tous ces frivoles discours ;
Ma Reine est un but à ma lyre ,
Plus juste que nulles amours;
Et quand j'aurai, comme j'espère , 3 5
Fait ouïr du Gange à l'Ibère
Sa louange à tout l'univers,
Permesse me soit un Cocy te ,
Si jamais je vous sollicite
De m'aider à faire des vers. 4"
Aussi bien chanter d'autre chose , Ayant chanté de sa grandeur , Seroit-ce pas après la rose Aux pavots chercher de l'odeur?
POÉSIES, LXTV. 211
Et des louanges de la lune 4 5
Descendre à la clarté commune
D'un de ces feux du firmament,
Qui sans profiter et sans nuire ,
N'ont reçu l'usage de luire
Que par le nombre seulement ? 5 o
Entre les rois à qui cet âge
Doit son principal ornement ,
Ceux de la Tamise et du Taere
Font louer leur gouvernement;
Mais en de si calmes provinces , 5 5
Où le peuple adore les princes,
Et met au degré le plus haut
L'honneur du sceptre légitime ,
Sauroit-on excuser le crime
De ne régner pas comme il faut? 60
Ce n'est point aux rives d'un fleuve ,
Où dorment les vents et les eaux,
Que fait sa véritable preuve
L'art de conduire les vaisseaux ;
Il faut en la plaine salée 6 5
Avoir lutté contre Malée,
Et près du naufrage dernier
47. 11 manque une syllabe à ce vers tlaus l'édition de ifi3o et dans celle de i63i ; on lit dans l'une et dans l'autre des feux pour de ces feux.