I. Var. (édil. de i63o) : Encore que le nom qu'elles portent
■1. Vak. (édit. de i63o) : Les images des choses.. .
DISCOI RS DE GODEAU. 'i:^
pic, si liii-iTKMiie ne la été; car il ne faut que lire la seconde partie des œuvres de Malherbe, pour voir toutes les beautés, l'artifice et les grâces dont je viens de parler, plus parfaitement emplovées que je ne les ai décrites ^ Il entretient ses amis avec un style si naïf, il les console avec tant de force', il parle aux grands d'une façon si relevée, il découvre les sentiments de sa passion à sa maîtresse avec des pensées si délicates, que si je ne craignois de lui susciter de nouveaux, envieux, je dirois qu'en ce genre décrire il est tout à fait inimitable. La lettre à Mme la princesse de Conti se peut appeler un chef-d'œuvi-e; et comme à chaque fois que l'on jette la vue sur un excellent tableau on v remarque des beautés nouvelles, je ne doute point qu'avec quelque soin que les curieux aient examiné cette rare production d'esprit, ils n'y rencontrent encore à cette heure de nouveaux sujets d'admiration. Sans doute le Génie qui préside à la fortune de sa maison, dont elle est un des plus grands ornements, et celui qui conserve parmi nous l'empire de l'éloquence, l'inspiroit pendant ce glorieux travail, et il me semble qu'être consolée de cette façon, c'est presque gagner autant que l'on a perdu*. J'avoue que ses autres lettres n'ont pas les grâces et les richesses de celle-là, et qu'il s'en trouve même quelquesunes, où sans être injuste on peut trouver quelque chose à redire. îMais il ne faut pas s'étonner si pai'mi un grand nombre de diamants, il s'en rencontre qui ont des pailles. Les plus excellents peintres ne réussissent pas toujours, et l'état de l'esprit, la stérilité des sujets, ou la confiance en celui auquel on écrit, sont bien souvent cause que le style se relâche, et que l'on n'examine pas les périodes et les pensées. C'est une grande injustice de vouloir qu'un homme fasse tt>ujours des miiacles, parce qu'il en fait quelquefois, et de ne lui permettre pas les vertus conummes , à cause qu'il en a d'extraordinaires.
Ce seroit assez de tant d'excellents ouvrages, pour rendre sa
1. Var. (édit. de ifi35) : Pour voir tontes les grâces et artifices dont je viens de parler, plus parfaitement employés que je ne les ai décrits.