Voyez plus loin, pièce lxtii, p
4- Voyez les lettres à Peiresc, des 6 octobre, i5 et 28 novembre i6i5.
xxviii INOTICE BIOGRAPHIQUE
causaient les voyages à Fontainebleau et les fêtes royales , il suivait fidèlement la cour, étant sans cesse, grâce à ses fonctions de gentilhomme de la chambre, au Cabinet, où il cherchait à amuser la princesse par ses propos et les histoires qu'il pouvait apprendre de côté et d'autre '. Il parvint même à la persuader de la sincérité de son attachement. Un jour, la princesse de Conti donna à liie à la Reine, au moment où celle-ci montait en carrosse, un pamphlet intitulé : Remontrances de la noblesse au Chancelier. «. Mme de Guise, raconte Malherbe, étcit auprès d'elle à la portière, qui m'a dit qu'en le lisant tout le long du chemin, elle rougissoit à tout moment. Comme elle eut tout lu, elle lui demanda qui le lui avoit baillé; elle répondit que ç' avoit été Malherbe ; à quoi elle répliqua : « Je « m'assure qu'il n'en a pas moins été piqué que moi-. »
Il faut dire que jamais poëte ne pratiqua plus consciencieusement la maxime qu'il inscrivit en tète de sa lettre à Henri IV : <r Les bons sujets sont à l'endroit de leur Prince , comme les bons serviteurs à l'endroit de leurs maîtresses. Ils aiment ce qu'il aime, veulent ce qu'il veut, sentent ses douleurs et ses joies, et généralement accommodent tous les mouvements de leur esprit à ceux de sa passion. » En effet, si des pièces qu'il composa depuis la mort de Henri IV on retranche des vers faits pour des amis et quelques chansons, il ne reste guère que des pièces de circonstance : des vers funèbres sur la mort du Roi au nom de M. de Bellegarde, des vers de ballet, des odes et des sonnets à la Reine mère , des stances contre les princes révoltés, et plus tai'd, des odes , des sonnets, des stances pour le Roi, Monsieur, Richelieu, le surintendant la Vieuville, contre les Reformés, etc. Une pareille abnégation de la part du poëte ne fut pas sans récompense. L'un des sonnets à Louis XllP
1. Voyez sa lettre à Peiresc, du i3 mai ifiii, ou il lui raconte avec quel plaisir a été lue au Cabinet la relation qu'il avait reçue de lui sur les sorcelleries de Gaufridi, et celle du 4 novembre ifiaS, où, à propos d'une autre histoire de sorcier, il écrit à Racan : « V ons m'avez fait un plaisir extrême de me mander la nouvelle de cet accident notable advenu à la Flèche. Il y a là de quoi entretenir la Reine, s