‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 271 sur 295 · I. Vah (édit. lie iTiai) : Lors · texte numérisé non relu

I. Vah (édit. lie iTiai) : Lors

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persécuter ceux qui ne le seroient pas, puisque Farmée romaine étant encore dans le pays, et par manière de dire à leurs portes , on avoit eu la hardiesse de leur faire cette indignité.

XX\ III. Pour Y remédier, ils pensèrent que devant que les Romains s'en allassent il se falloit défaire de Barcylas. Comme ils en épioient Toccasion , celle-ci se présenta, qu'ils ne laissèrent pas échapper. Un soir que Barcylas revenoit d'un festin qui s'étoit fait en l'hôtel de ville, suivi d'une troupe de chantres, baladins, bouffons, et autres telles gens, dont la profession est de faire passer le temps aux lieux où ils sont appelés, six hommes armés, trois Italiens et trois Etoliens, se jetèrent sur lui et le tuèrent. Ceux qui étoient en sa compagnie s'enfuirent, et en un instant les rues furent pleines de monde, de cris et de lumières. Les meurtriers sortirent de la ville par la porte qui se trouva la plus prochaine. Le lendemain de grand matin, comme si l'on eût eu des indices de la vérité, il fut fait un ban, que chacun eût à se trouver au théâtre. On disoit bien tout haut que ces coqums avoient fait le coup, mais il n'y avoit personne qui en son âme ne crût que Zeusippe Tavoit fait faire. Pour l'heure, il fut trouvé bon de se saisir de ceux qui étoient auprès de Barcylas quand il fut tué, et leur bailler la question. Pendant qu'on les cherche, Zeusippe, pour se mettre hors de soupçon, se vint présenter à l'assemblée, où il dit que c'étoit avoir trop bonne opinion de ces marauds qui n'étoient que dcmi-liommes, de penser qu'ils eussent commis un si notable assassinat. Les raisons qu'il en rendit furent goûtées de quelques-uns, et leur firent penser que cette hardiesse de se produire en telle compagnie et y faire mention d'une chose dont on ne lui disoit rien, étoient marques indubitables de son innocence. Les autres, le prenant d'un autre biais, jugèrent que cette effronterie

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de prévenir T accusation étoit un artifice, par lequel il se pensoit décharger de la mauvaise opinion que Ton avoil de lui. Cependant ceux qui n'en pouvoient mais furent mis à la question, où fondés sur le bruit commun ils chargèrent Zeusippe et Pisistrate. Ils n'alléguoient ni preuve ni conjecture qui fortifiât leur déposition, et hors le remords de conscience, il ne sembloit pas que les accusés eussent occasion de rien appréhender. Toutefois Zeusippe, quoi que ce fût qui lui fît peur, sortit de nuit accompagné d'un Stratonidas, et s'en alla à Tanagre. Quant à Pisistrate, il n'en tint du tout point de compte et ne bougea de Thèbes. Zeusippe avoit un valet, qui avoit concerté l'affaire et qui en avoit fait tous les messages. La peur qu'eut Pisistrate qu'il ne les découvrît fut la seule cause qu'ils en furent découverts. Il écrivit à Zeusippe que son valet, qui savoit ce qui s étoit passé, ne lui sembloit pas si capable de tenir la chose secrète qu'il avoit été propre à la négocier, et que son avis étoit qu'il s'en défît. Le porteur de la lettre eut charge de la rendre en toute dihgence. Ne l'ayant pu faire, pource qu'il n'eut point de moyen de parler à Zeusippe, il la bailla à ce serviteur comme à celui dont il croyoit que son maître se fioit le plus; et pour la lui recommander davantage, lui dit que c'étoit une lettre de Pisistrate pour une affaire qui importoit grandement à Zeusippe. Ces paroles donnèrent à penser au valet. 11 ouvre donc la lettre au lieu de la rendre, et y ayant treuvé ce qu'il soupçonnoit, s'enfuit à Thèbes. Zeusippe en alarme de la fuite de son valet, s'en va à Athènes, comme au lieu qu'il estimoit le plus assuré pour sa retraite. Pisistrate eut la question et fut exécuté.

XXIX. L'horreur de ce meurtre, dont Zeusippe, le premier homme de la Béoce, se treuvoit coupable, mit toute la ville en furie, et universellement fit avoir à tous les

Béotiens le nom des Piomains en abomination. Ils eussent bien voulu se révolter, mais n'ayant ni force pour le faire, ni chef pour les conduire, ce qu'après la guerre ils pouvoient faire de pis, ils le firent. Ils se mirent à assassiner les soldats romains. S'ils en avoient de logés chez eux , ils treuvoient moyen de les dépécher. S'il en alloit quelques-uns d'une garnison à l'autre, tantôt ils les alloient attendre en de mauvais passages, et leur coupoient la gorge, tantôt, sous couleur de leur montrer le chemin, ils les menoient en des hôtelleries écartées , où ils leur faisoient recevoir le même traitement. La haine leur avoit fait commencer cette vie, le gain la leur fit continuer; d'autant que la plupart de ceux qui alloient par pays avoient quelque trafic à faire, et par conséquent ne se mettoient pas en chemin sans avoir de l'argent. Le nombre de ceux que l'on treuvoit à dire étant petit au commencement, fut à la fin si grand, que toute la Béoce en fut décriée, et que les soldats, quand il falloit sortir du quartier, n'avoient pas moins de peur que s'il leur eût fallu passer par les terres de rennemi. Quintius envoya de tous côtés en faire des plaintes et des recherches. Il fut tiré des marais de la Copaïde force soldats que l'on y avoit jetés, attachés les uns à des pierres, les autres à des cruches pour les faire aller à fond. Il se ti^euvoit que la plupart de ces voleries avoient été faites à Acréphie et à Coronée. La première chose que fit Quintius, ce fut de demander les coupables , et trois cents mille écus pour cinq cents soldats que Ton treuvoit avoir été tués. Comme il vit que pour toute satisfaction les Béotiens répondoient que c'étoient fautes personnelles, et qu'il ne se treuvoit point* que les corps des villes y eussent trempé, il fit partir Publius Glaudius avec une partie de ses forces pour

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