I. Malherbe écrit le Pau
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leurs villes , et même avoil délivré plusieurs de leurs habitants, qui étoient esclaves entre les mains des ennemis. Minutius, qui sentit que s'il s'aheurtolt à son affaire, il auroil tout le sénat à combattre, se contenta d'en faire un simple récit, et s'en alla triompher au mont Alban. 11 disoit que comme consul il le pouvoit faire ; et d'ailleurs qu'il en avoit l'exemple de plusieurs grands personnages, qui en semblable refus avoient usé de semblable remède. Cornélius étoit encore en l'année de son consulat quand il fit son triomphe. Il y fit porter tout plein d'enseignes et de dépouilles sur les mêmes chariots qu'il avoit pris. Plusieurs seigneurs de marque v furent menés, entre lesquels il y en a qui nomment Amilcar, capitauie de Carthage. Ce qu'il y eut en cette montre de plus regardé, fut une troupe de Crémonois et de Plaisantins, qui en habit d'affranchis voulurent marcher après son chariot. Il mit à l'épargne trente-quatre mille cinq cents quatre-vingtseize livres quinze sols, et donna à chaque homme de pied trente-cinq sols, à chaque homme de cheval soixante et dix, et à chaque capitaine cinq livres cinq sols. INIinutius triompha des Liguriens et des Boïes au mont Alban. Son triomphe, et pour le lieu, et pour les faits d'armes, et encore pour la dépense, que l'on savoit assez qu'il avoit faite de ses propres deniers, ne fut pas à beaucoup près si honorable que celui de Cornélius. Il mit à l'épargne dix-neuf mille six cents cinquante livres. Quant aux gens de guerre, il leur donna les mêmes sommes que son compagnon leur avoit données.
XXIV. Le triomphe passé , il fut question de travailler à la création des consuls. Furius Purpméo et Claudius Marcellus le furent. Le lendemain furent faits préteurs Fabius J3utéo , Sempronius Longus, Minutius Thermus , Acilius Glabrio , Apustius FuUo et Caïus Lélius, Sur la fin de l'année, Quintius écrivit à Rome,
qu'en Thessalie il s'étoit battu avec Philippe et Tavoit défait. Ses lettres furent premièrement lues au sénat par le préteur Sergius, et puis par le commandement du sénat en rassemblée du peuple. Pour ce bon succès, il fut ordonné que durant cinq jours il seroit fait processions générales. Bientôt après arrivèrent des ambassadeurs de Philippe et avec eux quelques députés de Titus Quintius. Les gens de Philippe furent logés et traités hors de la ville en une maison qui est à la République. Pour les ouïr, le sénat fut assemblé au temple de Bellone. Il ne s'y fit pas de grands discours, pource que les Macédoniens déclarèrent que le roi leur maître feroit tout ce qui plairoit au sénat. Là-dessus, suivant l'ancienne coutume, il fiit ordonné qu'il iroit dix commissaires sur les lieux, pour avec Quintius aviser à quelles conditions on accorderoit la paix à Philippe, et fut dit expressément que Publius Sulpicius et Publius Yillius, qui en l'année de leur consulat avoient eu leur département en la Macédoine, seroicnt du nombre des députés. Le même jour ceux de Cosse ayant présenté requête pour avoir une crue d'habitants, il leur fut permis d'en prendre jusques à mille, pourvu que ce ne fût point de ceux qui depuis le consulat de Lucius Cornélius et Titus Sempronius avoient porté les armes contre les Romains. XXV. Cette même année les édiles curules, Cornélius Scipio et ManHus Volso, firent faire les jeux romains au cirque et sur Téchafaud. Comme ils n avoient jamais été fails avec tant de dépense, aussi pour les bonnes nouvelles que de tous côtés l'on avoit eues ils n'avoient jamais été regardés avec tant de plaisir. Ils furent refaits par trois fois. Ceux du menu peuple furent faits par Acillus Glabrio et Caïus Lélius, et réitérés par sept fois. Ils dédièrent aussi de l'argent des amendes trois images. Tune à Cérès, l'autre à Bacchus, et la troisième à Proserpine.
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Aussitôt que les nouveaux consuls furent en exercice, la première affaire qu'ils mirent sur le tapis fut le département des provinces. Le sénat vouloit qu'ils demeurassent tous deux en Italie. Marcellus, qui avoit envie d'être employé en quelque province, demanda que la Macédoine fut tirée au sort avec l'Italie, pource qu'à son dire la paix faite avec Philippe n'étoit qu'une paix simulée, et que si une fois les Romains étoient de retour en Italie, il ne demeureroit en repos que jusques à la première commodité qu'il aurolt de remuer. Le sénat ne savoit ce qu'il en devoit dire. Et peut-être que les consuls eussent emporté ce qu'ils desiroient, n'eût été que les tribuns du peuple protestèrent de n'y consentir jamais qu'ils n'en eussent parlé au peuple, et qu'il n'eût déclaré qu'il le vouloit et qu'il le commandoit. On s'assembla donc pour cet effet au Capitole. Les trente-cinq tribus furent toutes à la paix. Leurs volontés qui y étoient portées d'ailleurs, y furent grandement confirmées par la triste nouvelle qui vint d'Aragon, que l'armée du proconsul Sempronius Tuditanus avoit été toute défaite ; qu'en ce combat il étoit demeuré tout plein de personnes d'importance et qu'il y avoit lui-même été tellement blessé, qu'il en étoit mort incontinent après. Les deux consuls eurent l'Italie pour leur département , et fut arrêté qu'avec Farmée qu'avoient eue les consuls de l'année précédente ils lèveroient encore quatre légions, deux pour servir où le sénat ordonneroit , et deux qui seroient baillées à Quintius , avec lesquelles et ce qu'il avoit déjà il demeureroit encore un an en Macédoine, dont pour cet effet le gouvernement lui seroit continué. XXVI. Cela fait, les préteurs firent leurs départements au sort. Apustius eut la juridiction de la ville, Glabrio celle des étrangers, Butéo l'Andelousie, Minutius Thermos r Aragon, Lélius la Sicile, et Sempronius I;Ongus la Sar-
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(iaigne ; et fut ordonné que des quatre légions que les consuls auroient le\ées, ils en bailleroient les deux que bon leur sembleroit à Butéo et à Minutius pour faire la guerre en Espagne, et qu'avec cela et quatre mille hommes de pied, tant des Latins que des alliés, ils s'en iroient à leurs charges le plus tôt qu'il leur seroit possible. Il y avoit alors cinq ans qu'une guerre que l'Espagne et Cartilage faisoient ensemble contre les Romains avoit été assoupie. Quant à celle-ci, elle se pouvoit dire une guerre nouvelle, d'autant que c'étoit la première fois que l'Espagne sans soldat ni capitaine de Carthage avoit pris les armes en son propre nom. Il fut donc arrêté que devant que les préteurs allassent à leurs charges, ni les consuls aux leurs, il seroit fait des sacrifices, pour l'expiation des prodiges dont on avoit nouvelles de tous côtés. Comme Lucius Julius, chevalier romain, s'en alloit aux Sabins, lui et son cheval avoient été tués de la foudre. Le feu du ciel étoit tombé sur le temple de Féronie au terroir de Capène. En celui de Monète le feu s'ctoit pris aux fers de deux piques. Un loup, qui étoit entré dans Rome par la porte Esquiline, étoit venu jusqu'à la place du marché par les endroits de la ville les plus fréquentés, et tout du long de la rue Tusque et puis de la Mélienne s'en étoit retourné par la porte Capène presque sans avoir été frappé. Tout cela faisant croire que les Dieux étoient courroucés ; pour les apaiser on leur sacrifia les grandes victimes accoutumées en semblables occasions.
XXVII. Au même temps Cornélius Lentulus, qui devant Sempronius Tuditanus avoit eu le gouvernement d'Aragon, triompha par ordonnance du sénat. Il fit porter devant lui deux mille deux cents soixante et douze marcs et demi d'or, trente mille marcs d'argent, et en espèces la valeur de huit mille six cents trentesept livres dix sols. Stertinius à son retour d'Aude-
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lousie mit à 1 épargne soixante et quinze mille marcs d'argent, et de son butin fit faire deux arcs en la place aux Bœufs, l'un devant le temple de Fortune, l'autre devant la mère Matute , et encore un troisième au grand cirque, sur chacun desquels il fit mettre une image de bronze doré ; et avec tout cela , il ne daigna pas seulement ouvTir la bouche pour demander le triomphe. C'est à peu près ce qui se faisoit durant l'hiver. Quintius étoil alors* à Athènes, où de toutes parts les alliés lui venoient faire des requêtes. Les Béotiens lui en firent une , que ceux de leur nation qui avoient porté les armes pour Philippe pussent revenir en leurs maisons. Il la leur accorda facilement; non pas qu'il les en estimât dignes, mais pource que Antiochus donnant déjà de l'ombrage, il étoit expédient d'acquérir aux Romains la bienveillance des communautés de la Grèce. Les bannis des Béotiens n'eurent pas eu sitôt leur rappel de ban , qu'ils firent voir le peu de gré qu'ils en savoient à celui qui le leur avoit donné. Car ils envoyèrent remercier Philippe, comme s'ils lui en eussent eu l'obligation , et non pas à Quintius. Qui plus est, en la prochaine création de leurs officiers , ils firent leur capitaine général un Barcvlas , pour la seule considération qu'il avoit été chef des Béotiens en l'armée de Philippe. Zeusippe, Pisistrate, et quelques autres qui les avoient portés à s'allier avec les Romains, se piquoient grandement de cette élection, comme d'un affront qui leur étoit fait. Toutefois le sentiment du présent ne les touchoit point comme l'appréhension de l'avenir, quand ils se représentoient ce que VTaisemblablement on leur feroit lorsque les Romains seroient en Italie , et que Philippe qui étoit leur voisin auroit à toutes heures la commodité d'assister ses amis, et