‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 274 sur 295 · I. Vaiî. (édit. de 1(121) : Gagner temps · texte numérisé non relu

I. Vaiî. (édit. de 1(121) : Gagner temps

vécu durant la guerre. Il y en eut qui parlèrent plus audacieusement, et lui reprochèrent que sans eux les Romains n'eussent pas mis le pied dans la Grèce, tant s'en faut qu'ils fussent venus à bout de Philippe. Quintius, qui ne vouloit pas que les choses en vinssent jusqu'à la dispute, ne répliqua rien à leurs picoieries; mais en termes généraux leur dit que, s'ils envoyoient à Rome, il s'assuroit qu'ils ne demanderoient rien de raisonnable qui ne leur fût accordé. Voilà comme se termina la guerre contre Philippe.

XXXVI. Pendant que cela se faisoit en Grèce, en Macédoine et en Asie, il se fit en la Toscane une conjuration d'esclaves, qui la pensa toute mettre en combustion. Le préteur Acilius ayant eu la charge de cette affaire, prit une des deux légions de la vdle et s'y en alla. Ceux qui se treuvèrent en corps d'armée furent défaits, les uns tués, les autres pris. Pour les airteurs du tumulte, après qu'ils eurent été bien fouettés, il les fit mettre en croix et rendit les autres à leurs maîtres. Les consuls s'en allèrent aux provinces. Marcellus étant arrivé aux terres des Boïes, comme il étoit sur le point de se camper au haut d'une butte, Gorolanuis, le prince du pays, avec de grandes forces le vint charger, et ayant treuvé ses gens harassés d'une longue traite qu'ils venoient de faire, lui en tua trois mille; entre lesquels il y eut des personnes de marque, comme Sempronius Gracchus et Marcus Junius, qui avoient tous deux commandement aux troupes des alliés, et Aulus Ogulnius et Publius Claudius , maîtres de camp de la deuxième légion. Les Boïes après ce bon succès ne croyant plus que rien leur fût impossible, attaquèrent le camp des Romains ; mais ils le treuvèrent si bien retranché, et qui plus est, si bien défendu, que ce fut à eux à se retirer. Les Romains, pour faire panser leurs blessés et rassurer leurs soldats que cette première secousse avoit

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aucunement ébranlés, ne partirent de là de quelques jours. Les Boïes, impatients selon leur coutume aux choses qui tirent en quelque longueur, s'en retournèrent chez eux. Marcellus tout aussitôt passa le Pô, et s'en alla droit sur le terroir de Gôme. Les Insubriens, qui y étoient campés, et avoient avec eux ceux du pays à qui ils avoient fait prendre les armes, vinrent au-devant de lui, et l'attaquèrent sur le chemin si vertement, que ceux qui portoient les enseignes furent contraints de lâcher le pied. Lui qui reconnut Tétonnement de ses gens, craignant qu'après avoir reculé ils ne tournassent le dos tout à fait, les envoya soutenir par une compagnie de Marscs, et en même temps commanda à toute la cavalerie latine de donner. Leur première et seconde charge ayant arrêté les ennemis, assura premièrement le gros des Romains qui branloit, et bientôt après les fit aller furieusement au combat. Ce fut alors aux Insubriens à pourvoir à leurs affaires, et s'enfuir sans regarder derrière soi. Antias écrit qu'il y en demeura plus de quarante mille; qu'il y fut gagné cinq cents sept enseignes et quatre cents trente-deux chariots. Il dit aussi qu'il y fut pris force chaînes d'or; entre lesquelles s'en étant treuvé une de pesanteur extraordinaire, Claudius écrit qu'on l'estuna digne d'être donnée à Jupiter et qu'on la lui fit porter au Capitole. Le même jour que les Insubriens furent défaits, leur camp fut pris et pillé. Côme le fut bien peu de temps après, et alors vingthuit petites places se déclarèrent pour les Romains. Ceux qui ont fait l'histoire de cette guerre ne demeurent pas d'accord qui furent les premiers attaqués par le consul, les Boïes ou les Insubriens. Les uns tiennent qu'il avoit été battu par les Boïes devant qu'il battît les Insubriens, et les autres au contraire qu'il battit les Insubriens, et puis fut battu par les Boïes.

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