Voyez pièce lxxxiv, p
SUR MALHERBE. xxxi
pas la dignité de son caractère, mais sa position*. Aussi à la fin de sa \'ie, il était sinon riche, du moins fort à son aise ; et on peut le croire, lui qui se plaignait sans cesse, quand il disait dans sa mauvaise ode à M. de la Garde ^ :
Je ne désiste pas pourtant D'être clans moi-même content D'avoir bien Técu dans le monde, Prisé (quoique vieil abattu) Des gens de bien et de vertu :
Et voilà le bien qui m'abonde"'.
Sa pension de cinq cents écus *, ses appointements de gentil-
1. Je n'ai trouvé qu'une seule fois le nom de Malherbe mêlé à des propos de cour. Pendant une absence du poëte, Peiresc, qui se trouvait alors à Paris, lui écrivit qu'au Cabinet (du Roi), son départ était mal interprété. On prétendait qu'il s'était enfui de peur d'être recherché comme l'auteur d'un a certain discours en trois feuillets. » ce Celui qui a fait courir ce bruit, ajoutait Peiresc, est quelqu'un de ceux qui avoient accès chez vous. » (Bibliothèque de Carpentras, manuscrit cité, f" 5j3 vo, lettre du 4 niai 1620.) Malherbe, je crois, se tint à l'écart des intrigues politiques, et suivit religieusement cet autre précepte qu'on lit dans sa dédicace au duc de Luynes : ce Pour moi, qui ai toujours gardé cette discrétion de me taire de la conduite d'un vaisseau où je n'ai autre qualité que de simple passager, le meilleur avis que je puisse donner à ceux qui n'y sont que ce que je suis, c'est de s'en riipporter aux mariniers. »