MARIE
<S BOUTHILLIF.R.
0 A Mess* les conseillers d'Estat du Roy, Monsieur mon filz, ses procureur et advocats généraux en son parlement de Bourgogne. »
PROCES DE LA VEUVE AUDEBERT CONTRE MARC- ANTOINE DE MALHERBE, MEURTRIER DE SON MARI.
Le savant archiviste de la Côte-d"Or, iM. Joseph Garnier, a bien voulu nous envoyer le résumé suivant de rafrairc,quïl a trouvé dans les archives du greffe de la cour d'appel de Dijon :
i< Vu le procès criminel fait à requeste du procureur du Roy du senechal d'Aix en Provence, instigation et poursuite de Dell" Honorade de Blain, vefve de Raymond Audebert, bourgeois dudit Aix, Gaspard et Anne Audebert, enfans et héritiers par bénéfice d'inventaire dudit feu Audebert, et M^ Marc-Antoine JMalherbe, advocat au parlement dudit Aix , à cause de l'homicide commis à la personne dud. Audebert. — Sentence donnée au juge le lo'' octobre 1624» par laquelle icelui Malherbe auroit esté condamné à estre délivré es mains de l'exécuteur de la haulte justice, mené et conduit par tous les lieux et carrefours de ladite ville accoustumés et jusques à la place des Jacobins, et sur l'échafaud d'icelle où seroit dressé un piloris avoir la teste tranchée, et en après son corps porté au lieu patibulaire ; et où il ne pourroit estre apréhendé seroit exécuté en efigie; en 3oo livres d'am. envers le Roy, 200 livres à l'esglise où led. défunt avoit esté inhumé, pour prier Dieu pour son ame, à ses frais, le séquestre définitivement deschargé, et en 5oo livres d'am. envers lad. de Blain, 1000 livres pour chacun des enfans. — Lettres de relief d'appel, obtenues en la chanc. d'Aix, le 5 décembre 1624, par François de Malherbe , gentilhomme ordinaire de la ch. du Roy, au nom et comme père et légitime administrateur de la personne dudit M. A.
son fils, touchant l'appel de la dite sentence — Lettres patentes
obtenues à Paris par le même le 3i du mesme mois par lesquelles S. M. évoque l'affaire et en renvoie l'examen au parlement de Dijon. — Arrêt de cette cour du 17 février lirtiS qui retient la connoissance de cette affaire et nomme des commissaires pour en instruire. — Requeste
DE LA NOTICE BIOGRAPHIQUE. lui
de Malherbe père, du ifi avril, contenant que, le lieutenant d'Aix n'ayant rien prononcé contre le corps et la mémoire d'Audebert, il n'avait point observé la rigueiu- des édits sur le duel, il avait, lui, appelle de cette sentence à ce chef seulement, et demandoit que les parties produisissent par lettres et que le procureur général fût adjoint à la cause. — Arrêt du même jour qui ordonne la production de ces pièces. — Autre du 12 juin qui ordonne la nomination d'un curateur.! la défence de feu Raymond Audebert, pour répondre sur les charges de l'information. — Arrêt du i3 qui délègue à cet effet F. Baudon, procureur à la cour. — Appointements divers pour la production des pièces et les dispositions des parties en ordonnance du commissaire de la cour, rendue en la ville d'Aix le 8 octobre ifiaS à requeste de F. de Malherbe par laquelle il prescrit la comparution de Fa\Te, curateur nommé à la defence de Audebert pour répondre sur les charges. Interrogatoires du curateur. Descente faite sur les lieux où l'on prétend que le combat a été fait. — Déclaration de Favre de l'impossibilité où il est de fournir la preuve des faits qu'il allègue. — Lettres patentes obtenues par ledit M. A. de Malherbe à Paris, au mois de juin 1626, par lesquelles S. M. en conséquence de son édit sur les duels du mois de février précédent et en faveur de l'heureux mariage de sa sœur la reine d'Angleterre, auroit audit de Malherbe quitté, remis et pardonné, esleint et abolly le fait et cas de l'homicide dudit Audebert, ainsi qu'il est exprimé et déclaré dans lesdites lettres. — Arrêt du i"^'" décembre 1(126, par lequel sur la présentation de ces lettres par ledit de Midherbe iils en l'audience , il auroit été dit qu'il serait ouy et répété sur le contenu en icelles par commissaires, et sur ses réponces communiquées au procureur général, estre ordonné à qui il appartiendra et ce pendant qu'il passera le guichet. — Interrogatoires dud. de Malherbe des 8 et 9 décembre. — Sa requête par laquelle il demande l'entérinement desdites lettres et la faveur de sortir de prison, sauf à ne pas quitter la ville. — Arrêt de la cour du 10 qui ordonne la communication desdites lettres et requête à la dame Audebert, et donne pour prison au s'' Malherbe la maison de F. Gault, huissier. — Autres requêtes des paities. — Conclusions du procureur général. La cour ejitérine les lettres de grâce, ordonne que de Malherbe jouira de leur effet, le condamne en i5oo livres d'intérêts, savoir 5oo livres envers la veuve A. et 1000 au profit des enfans, et aux dépens, ordonne qu'il tiendra prison jusques à l'entier payement des intérêts. — Met à néant l'appel intenté par F. de M. et les parties hors de cause. Signé , B. Legout et B. MiiiET.
« Fait à la Tournelle, à Dijon, le iS^ février 1627, et prononcé aud. s"" de Malherbe fils, prisonnier en la Conciergerie. »
Liv APPENDICE