‹ Œuvres complètes; (volume 3)Chapitre 46 sur 295 · I. Bibliothèque de Carpentras, manuscrit cité, f" 55'i v · texte numérisé non relu

I. Bibliothèque de Carpentras, manuscrit cité, f" 55'i v

i,vi APPENDICE

les assassins, pourcc que un secrétaire qu'il a en Provence et son aAOcat lui ont écrit au vrai cette pitoyable histoire. 11 dit au Roi qu'il n'y avoit en France un plus franc courage et une meilleure épée que celle de mon fils. Il en avoit dit autant devant les Reines, en ma présence, durant sa vie; et j'ai su que depuis huit jours, en compagnie des principaux de cette cour, sur ce que quelqu'un dit qu'avois ' le visage bien changé, il dit qu'il v avoit assez de pères qui perdoient des fils uniques, mais qu'il n'y en avoit guère qui en perdissent un tel qu'étoit le mien. Ce pauvre enfant est loué de tout le monde, et ne s'en trouve pas un qui y trouve à redire. Tous les parents de votre cousine* prennent cette affaire, non comme l'affaire d'un parent, mais comme la leur propre. J'espère qu'avec l'assistance de tant de personnes, nos voleurs feront un grand coup, s'ils se sauvent. Pour vous, mon cher cousin, je vous réitère la trèshumble prière que je vous ai faite* Je vous en laisse arbitre et

juge absolu; car j'en veux sortir et manger tout ce que Dieu m'a donné pour témoigner que j'ai été digne d'avoir un fils de cette réputation. C'est, Monsieur mon cousin, toute la contribution que je désire de vous en cette affaire. Vous couperez chemin à une grande longueur en laquelle je me mettrois nécessairement si je prenois une autre voie. [Mon cousin de Colomby s'obligera à vous ou avec vous. Il me l'a ainsi dit devant que de partir, et ainsi écrit depuis.... et quand il ne l'auroit jamais fait, il ne permettroit pas, je le sais bien, que je lui en fisse une segonde prière''.] Adieu.

« Monsieur mon cher cousin, confirmez par cette action charitable la bonne opinion que j'ai de votre courage et la volonté que j'ai d'être toute ma vie

a Votre très-humble et très-affectionné serviteur,

« Malherbe.

« J'ai fait imprimer ce que j'ai vu de ce qui a été écrit par deçà touchant cet assassinat. Mais depuis l'avoir fait imprimer, j'ai eu les informations qui chargent Piles d'avoir donné un coup à votre cousin au travers du corps, devant qu'il eût la main à l'épée. Il est venu depuis trois ou quatre jours une femme qui y étoit allée plaider par évocation. Elle dit merveille des regrets de la mort de mon pauvre fils et a usé de ce mot que tout le pleure jusqu'aux pierres^. »

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