Voyez plus haut, p. xxiu
M^LLHERHË. I e
Lxvi VIE DE MALHERBE
ainsi qu'il la dit plus amplement en une lettre qu'il a écrite à M. Conrart^
Cette connoissance et l'amitié qu'il contracta avec M. de Malherbe dura jusques à sa mort, arrivée en 1628, quatre ou cinq jours ^ avant la prise de la Rochelle, comme nous dirons ciaprès.
A la mort d'Henri le Grand, arrivée en 161 o, la reine Marie de ]\lédicis donna cinq cents écus de pension à M. de Malherbe, ce qui lui donna moyen de n'être plus à charge à M. de Bellegarde. Depuis la mort d'Henri le Grand il a fort peu travaillé^, et je ne sache que les odes qu'il a faites pour la Reine mère, quelques vers de ballet, quelques sonnets au Roi, à Monsieur et à des particuliers, et la dernière pièce qu'il fit avant que de mourir, qui commence :
Donc un nouveau labeur^
Pour parler de sa personne et de ses mœurs , sa constitution étoit si excellente que je me suis laissé dire par ceux qui l'ont connu en sa jeunesse que ses sueurs avoient quelque chose d'agréable comme celles d'Alexandre.
Sa conversation étoit brusque; il parloit peu, mais il ne disoit mot qu'il ne portât; en voici quelques-uns :
Pendant la prison de Monsieur le Prince, le lendemain que Madame la Princesse, sa femme, fut accouchée de deux enfants, morts', pour avoir été incommodée de la fumée qu'il faisoit en sa chambre au bois de Vincennes, il trouva un conseiller de Provence de ses amis en une grande tristesse chez M. le garde des sceaux du Vair; il lui demanda la cause de son affliction. Le ctmseiller lui répond que les gens de bien ne pouvoient avoir